J’ai toujours été attiré par les endroits pieux. Par hasard j’ai dû faire ma première année d’école dans un sous-sol d’église, faute de locaux à la commission scolaire. Par la suite, j’ai fini mon primaire à l’école St-Stanislas, dirigée par les Frères du Sacré-Coeur. J’ai grandi sur la ferme et c’était toujours important pour moi d’aller à la messe le dimanche. Puis la vie suivit son cours : le travail, les enfants, bref on court et très souvent on manque de temps pour la messe ! Mais la vie reprend éventuellement un rythme plus normal et me revoilà, un dimanche matin, assis sur un banc d’église. Je savoure cet instant tout en me rappelant tous mes manquements à ces rendez-vous.

Puis un dimanche d’élection des marguilliers, le curé Jean Fortier me demande si je serais intéressé à m’impliquer de cette façon. Je fus proposé par quelqu’un comme candidat, cette proposition fut appuyée ; et lorsque la période des propositions fut terminée, nous étions trois en nomination pour deux postes à combler. Je me suis donc retiré en disant que je m’étais présenté croyant qu’il manquait de monde, mais, considérant que vous êtes en nombre suffisant, pas de problème pour passer mon tour! M. Fortier m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit : ‘’Pas de problème, jeune homme, on garde ton nom et c’est juste une question de temps!’’ C’est à l’automne suivant que Mme Monique Laveau me téléphona pour me demander si j’étais toujours intéressé à être marguillier, en prenant bien soin de m’informer que M. Fortier était remplacé par l’abbé J.-C. Girard. Ma réponse fut instantanée : peu importe, moi, c’est aider l’Église que je veux. J’ai donc accepté de terminer le mandat d’un marguillier qui quittait avant la fin de son mandat. Puis, je fus marguillier pour M. le curé Robert Gauthier qui a pris la relève peu de temps après. En octobre 2002, M. Gariépy démissionna de son poste de sacristain. J’ai donc accepté de prendre la relève temporairement, le temps de trouver un autre sacristain . . . Il parait que ce n’est pas facile à trouver !

Bref, si je résume, j’ai été marguillier 2 ans pour terminer un mandat, puis ai fait deux termes consécutifs , un an de retrait (ndlr : obligatoire selon la Loi des Fabriques, après deux mandats complets), puis je suis revenu faire un autre mandat de trois ans. Donc, au total onze ans sur douze en tant qu’administrateur élu dans la paroisse (ainsi j’ai été marguillier aussi pendant plusieurs années pour Jean-Pierre, arrivé ici en septembre 2005) tout en étant sacristain le soir et la fin de semaine. Tout ce temps, comme marguillier et un peu plus de quinze ans en tant que sacristain, je me suis senti privilégié d’avoir cette chance d’être si près de l’Église ; chaque minute, chaque heure à y faire quoi que ce soit m’apportait une grande paix intérieure. Jamais une tâche ne m’est apparue comme une corvée. Je me sentais à ma place, sachant que chaque geste était et demeure ma façon d’être un témoin vivant de ma foi, tout en me donnant une joie et un bonheur profonds. Tout mon entourage, famille, amis et voisins proches furent témoins que je suis non seulement un chrétien pratiquant, mais un aidant aussi! Et le plus beau dans tout cela est que, sans rien demander, c’est dans ce lieu sacré que Francine, ma conjointe, me fut présentée. Dans quelques mois, je serai rendu à l’étape de la retraite. Nous irons donc vivre à la campagne pour un repos bien mérité. Me retirer tout doucement assure une continuité en tant que chrétien bien engagé.

Jean-Marc Gosselin