Le mois de juin. Le dernier de l’année pastorale, mais non le moindre. Pour un curé, il s’agit d’une période tout aussi occupée que le reste de l’année, ne serait-ce qu’en raison de la saison des mariages qui bat son plein, sans oublier les nombreux baptêmes, le temps estival favorisant les déplacements et les festivités extérieures. Il faut compter aussi les grandes fêtes liturgiques qui suivent le temps pascal, et des événements spéciaux comme l’onction des malades, les visites aux Résidences d’aînés, etc.
Mais ce que j’aime le plus de juin est le fait que nous soyons dans le mois consacré au Sacré-Cœur. Qui est-il, me demandent parfois les enfants? C’est Jésus, tout simplement. Il s’est présenté ainsi à l’humanité, à certaines périodes de l’histoire où l’on avait peut-être oublié que la foi chrétienne se veut d’abord et avant tout une affaire de cœur, une histoire d’amour. Nous avons une belle statue du Sacré-Cœur dans notre église, l’avez-vous remarquée? On y voit le cœur du Sauveur, surmonté d’une flamme : la passion de Dieu pour nous, le feu de l’Esprit, plus puissant que toutes les forces des ténèbres, des puissances de haine et de division. Dans certaines apparitions de Jésus, ce dernier a souhaité qu’on le reconnaisse ainsi : un océan de Miséricorde dans lequel nous sommes invités à nous plonger. Si souvent nous avons malheureusement déformé le message de l’Évangile au point que les gens ont eu peur de Dieu, se sont éloignés de Lui, de crainte d’être rejetés. Stratégie du Malin qui veut nous couper de la Source de la Guérison, du Pardon, et du Bonheur durable. Sans négliger, bien sûr, la participation de l’intelligence et de la volonté au cheminement chrétien, ne pas partir du cœur résulterait en une vie de foi stérile, asséchante, rigide et vidée de sa puissance. Nous l’avons tristement constaté au long des deux millénaires de l’histoire de l’Église : quand la foi ne se situe que dans l’intellectuel, sans descendre au cœur (siège des sentiments, des émotions et des motions de l’Esprit), elle ne porte que peu de fruits, n’attire point et s’étiole.
Quand nous prions le chapelet, aux messes de semaine, nous terminons toujours avec cette invocation : ‘Sacré-Cœur de Jésus, j’ai confiance en toi!’ Souhaitons que cela s’accomplisse réellement dans nos vies. Que cela soit vrai et vérifiable au quotidien. Et il me semble que j’entends Jésus nous répondre : ‘Moi aussi, j’ai confiance en vous, je crois en vous! Je vous en prie, ne vous découragez jamais. Ne restez pas centrés sur vos chutes, vos fautes, vos manquements. Regardez-moi, fixez votre regard sur ma Croix d’amour, et avancez, grandissez en sainteté. Vous réaliserez de plus grandes œuvres que les miennes sur la terre!’ Lors de chaque premier vendredi du mois, à l’heure sainte qui suit la messe, nous concluons fidèlement avec les déclarations du Sacré-Cœur à Sainte Marguerite-Marie Alacoque : promesses réconfortantes de bonheur, de paix, d’épanouissement. Affirmation qu’en suivant Jésus, nous participerons à la Victoire de son Amour, à l’avènement glorieux du Salut, du Règne de Dieu.
Mes parents adoptifs faisaient partie de la ‘Famille du Sacré-Cœur’ (https://www.fscjcanada.org) et nous avions ‘intronisé’(littéralement : ‘mis sur un trône’) le Sacré-Cœur dans notre maison en installant une statue de lui devant lequel brillait un lumignon électrique. Souvent, nous priions le chapelet tournés vers cet espace ‘sacré’. Quand je suis arrivé à Saint-Victor, en 2004, on m’a offert d’entrer dans cette famille spirituelle qui se réunissait régulièrement dans la paroisse. J’ai renouvelé alors mon appartenance à ce mouvement spirituel. Je ne peux plus aller aux réunions, mais je goûte toujours ce lien irremplaçable avec Celui qui affirme à mon âme qu’il est mon Bon Berger, doux et humble de cœur. Que de joie et de paix dans cette assurance!