Mercredi, commence la période de 40 jours qui nous amènera à la Semaine Sainte et à Pâques. Ce n’est plus un secret pour personne ici que j’aime intensément ce temps de l’année.

Pour certains d’entre vous, je sais que le Carême peut avoir une connotation négative et triste. On se rappelle de durs sacrifices et privations imposés par la religion, à une certaine époque pas si éloignée. Le problème est peut-être là : ils étaient imposés de l’extérieur. Parce que, en soi, il n’y a rien de négatif à un renoncement, une privation, le jeûne ou un sacrifice, s’il est choisi par amour pour un bien ou une valeur qui m’apparaissent supérieurs et bons pour moi et ceux que j’aime. Vrai? Nous en faisons à l’année longue pour bien des raisons qui nous tiennent à cœur, comme notre vie familiale, par exemple.  Alors, pourquoi pas pour Dieu et notre foi en lui. Si c’était simplement ça, notre Carême : un temps de recentrement serein et apaisant sur l’essentiel, le Dieu de Jésus Christ, qui mérite qu’on lui accorde une première place dans nos vies.

Rien de pénible en soi dans le Carême. Peut-être que la formule utilisée autrefois lors de l’imposition des cendres a-t-elle laissé des traces ‘grisâtres’ dans nos esprits : «Tu es poussière et tu retourneras en poussière.» J’avoue que pour nos sensibilités modernes… Je demande au Seigneur de guérir votre mémoire, si besoin est. Je préfère de beaucoup, ce que nous disons aujourd’hui : «Convertis-toi et crois à la bonne nouvelle.» Tous, nous reconnaissons d’emblée notre besoin incessant de conversion, de retournement vers Dieu, qui nous aime tant et désire notre bonheur. J’adhère!

Quand le Carême et ses pratiques –choisies librement- est fait par amour, tout devient plus lumineux, comblant, motivant et source de joie. Le Carême se veut un temps de progrès spirituel qui nous réjouira quand nous en constaterons les fruits. Saint Paul parlait souvent de la vie chrétienne en terme  d’entraînement. Celui qui choisit un régime de vie qui l’amène à faire de l’exercice régulièrement, à surveiller son alimentation et à renoncer à certains plaisirs de la vie pour se construire un corps en santé, ne trouve pas cela facile tous les jours, sans doute, mais éprouve  une grande satisfaction à voir son énergie décuplée et à bénéficier d’un bien-être accru. N’en est-il pas de même pour l’esprit, pour l’âme? Nous sommes clairement des êtres spirituels que la vie moderne et ses nombreuses ‘distractions’ éloigne parfois de leurs profondeurs. Le Carême peut certainement devenir une occasion de ‘thérapie’ salutaire, de plongée en soi et en Dieu; moment privilégié de réflexion sur le sens de notre existence, temps de restauration et de rafraîchissement de l’être.

Les ‘outils’ offerts sont nombreux, durant la préparation à la première fête chrétienne. La bibliothèque paroissiale en regorge. Internet offre même des retraites à domicile, directement dans votre boîte de courriel. Nous aurons dès le 6 mars, la page ‘Carême’ sur notre site (www.germaineETmaria.org/careme). Dans notre belle église-oasis, nous vous offrirons des célébrations, des ressourcements et des événements adaptés, riches en contenu. Il n’en tient qu’à vous d’en profiter. Personne ne peut le faire à votre place. Libérons-nous donc de la vision ancienne du Carême dans laquelle nous sommes peut-être bloqués pour découvrir une toute nouvelle dimension, éclatante de vie, de ce temps de vie ecclésiale et évangélique intense.  Ne cédons pas à la passivité; 2019 ne reviendra jamais. Si on décidait d’en faire une année décisive et inoubliable de notre cheminement dans la foi catholique? Je vous souhaite une abondance de grâces!