L’une des définitions du mot, dans le dictionnaire : ‘remède contre un mal moral, psychologique.’ Donc, quelque chose qui fait du bien. Une autre définition : ‘qui combat les effets toxiques.’

Je pense ici à la messe. Surprenant? Peut-être pour ceux qui ne la fréquentent pas. Mais personnellement, par longue expérience, je peux affirmer que la messe contribue à la santé de toute la personne. Parce que Dieu s’y donne. Il est la guérison, l’apaisement, le ressourcement ultime de tout notre être. Je suis sûr que vous pouvez aussi en témoigner!

Bien entendu, Dieu est partout. Il est en nous, donc présent partout où nous sommes, tout en étant extérieur à nous. Il est le Tout Autre et le tout proche, en même temps. Il agit dans notre vie personnelle, toujours avec l’assentiment de notre liberté. Il ne peut apporter dans ses ‘rayons’ que Lumière, purification, recentrement et plénitude comblante, en tout temps, en toutes circonstances et en tout lieu. Mais il se vit quelque chose d’unique et d’irremplaçable dans la réunion des croyants, des disciples.

En constatant la solitude de bien des gens de notre époque, particulièrement nos aînés; en prenant conscience que la solitude non choisie constitue une lourde croix pour une multitude de personnes, je me dis que la participation à la messe pourrait faire beaucoup de bien et soulager bien des maux chez nombreux de nos contemporains.

En plus d’y trouver Dieu lui-même qui nous parle et se donne Corps et Âme dans l’Eucharistie –ce qui déjà est un immense cadeau!- on trouve aussi dans nos rassemblements des sœurs et des frères qui sont heureux de nous accueillir et de prier en notre présence. Même si ce n’est pas toujours pleinement visible et palpable, il s’agit là d’une vérité. Ne serait-ce que quand toutes les voix s’unissent pour entonner un ‘Gloire à Dieu’ retentissant ou un joyeux ‘Alleluia’! Nous percevons alors que nous ne sommes pas seuls, que nous avons ici une famille, des amis sincères apprécient notre présence et qui prient pour nous. Nous réalisons que nous ne sommes pas des îles isolées mais des parties essentielles d’un Tout, bien plus grand que nous, et qui nous embrasse dans son Amour infini, inconditionnel et éternel. Là, le cœur se sent en processus d’ouverture et de soulagement de ses lourdeurs, en allègement de ses poids.

Combien de fois j’arrive à la messe fatigué, lourd de mes préoccupations, et j’en repars regaillardi, ré-énergisé, dynamisé, re-motivé à continuer ma croissance humaine et spirituelle quels que soient les obstacles. Il m’arrive d’être, comme tout le monde, profondément triste au début d’une célébration, et de retrouver une joie profonde durant l’Eucharistie. Je vous certifie que je n’hallucine pas des bulles. Je ne suis pas dans un cocon rose, décroché de la vraie vie. Au contraire. S’il y a quelqu’un qui touche de près les misères humaines, c’est bien un pasteur de paroisse à qui on confie beaucoup de souffrances. Et c’est justement au cœur des drames humains que poind l’aurore du Ressuscité. Sans oublier que chaque fois que je suis en assemblée d’Église, je saisis plus clairement que nous portons les fardeaux les uns des autres. Ça me réconforte et me rassure.

Parmi les images que je montre aux écrans dans l’église, il y a une vidéo d’un potier qui transforme la glaise avec patience et amour. Je pense que la participation à la messe relève du même procédé : nous nous offrons avec confiance aux mains passionnées du Créateur pour qu’il nous façonne à son image et à sa ressemblance. Et nous repartons de l’église mieux équipés pour les défis de la vie quotidienne. N’oublions pas que Jésus a dit : ‘Faites ceci en mémoire de moi’.