C’est ainsi que nous répondrons dorénavant au téléphone, au presbytère.

Mais non! Heureusement. Pourquoi cette boutade, de ma part? Parce que parfois nous avons l’impression que nous vivons maintenant ce que les théologiens et gens impliqués en pastorale craignaient depuis des décennies : la religion ‘à la carte’. Dans une société de l’instantanéité et de la consommation facile, la religion semble parfois perçue comme un ‘service’ parmi tant d’autres. Alors, comme on le fait pour tous nos biens de consommation, on magasine ce qu’on désire, et on cherche le meilleur service, au meilleur prix, avec le moins d’efforts possibles. Si possible, avec livraison à domicile! Je badine. Mais suis-je si loin de la réalité? Si notre ‘succursale’ ne nous offre pas ce que nous désirons, nous en changeons. Nous allons ailleurs, en espérant que nous y trouverons ce que nous cherchons. Et on passe de succursales en succursales, si nécessaire. Ça me dit qu’il n’y a pas vraiment de liens fraternels et d’appartenance qui se tissent… Ça vous choque d’entendre cela? Pourtant, je caricature si peu. Je parle ici, non pas de la pratique dominicale, vous l’aurez deviné, mais des demandes, nombreuses, pour les sacrements d’initiation, enfants ou adultes (de plus en plus ces derniers font appel à nous), et du mariage.

Si vous veniez remplacer notre secrétaire durant un mois, vous seriez étonnés de ce qu’on peut entendre… Je suis inquiet de la tendance générale. Par amour, de mon Seigneur, de mon Église, et des gens. Oui, vraiment. Je trouve important d’en parler, à cause de mon cœur de pasteur, qui ne peut laisser aller les choses sans réagir. Un cœur de père. Si vous êtes parent, vous saisissez ce que je veux dire. Ce que nous vivons en paroisse, très concrètement, est symptomatique de la situation de l’Église, à cette période de notre histoire. Elle dit quelque chose de ce qui ne va pas, et de ce qui doit être particulièrement travaillé.

Soyons plus précis. Par exemple, il arrive qu’on appelle pour demander le mariage… qu’on voudrait avoir un mois plus tard (ou moins!!!). Sans savoir que, dans l’Église catholique, ça ne fonctionne pas comme à Vegas ou comme dans les films… Ah, la chère ‘culture’ populaire américaine… Le mariage est un sacrement qui demande la foi, une sérieuse préparation spirituelle, une connaissance approfondie de la vision de l’Église au sujet des tenants et aboutissants de ce sacrement, etc. En anglais, on a deux termes : ‘wedding’, pour le jour de la fête (dont s’occupe allègrement les événements commerciaux comme le Salon ‘Marions-nous’!), et ‘marriage’, pour ce qui est de l’aventure de la vie conjugale, le reste de nos jours. En Église, nous voulons travailler surtout sur le deuxième terme, puisque ce sont les époux qui se sont donnés ce sacrement exceptionnel et en sont responsables également pour toujours.

(D’AUTRES EXEMPLES - À SUIVRE)