Je suis de la génération de l’avènement de la télévision. Ma mère  me disait que j’étais fasciné, entre autres, par ‘Maman Fonfon’. Devant la télé, j’étais totalement absorbé. Une bombe aurait explosé près de moi et je n’aurais pas bronché… Depuis cette époque de la grosse télé-meuble, en noir & blanc, beaucoup de progrès ont été accomplis dans cette technologie (je voyais récemment, dans une circulaire, un écran de 82 pouces!!!!).  Par contre, aujourd’hui, la télé perd un peu de terrain en faveur des autres écrans, téléphones intelligents, tablettes et ordis, surtout chez les jeunes; mais ce qui demeure de cette pionnière : le langage visuel omniprésent et puissant dans son influence sur nous. En d’autres mots, nous sommes plus que jamais la civilisation de l’image. Ce n’est pas près de changer…

Notre  Jésus lui-même avait un charisme, un don étonnant de ‘parler en images’. Ou, en d’autres termes, son discours ‘faisait image’. Pensons à ses célèbres paraboles. En l’entendant, les gens devaient voir comme un petit film dans leur tête. Et grâce à leur imagination, ils pouvaient devenir le ‘héros’ de l’histoire racontée, s’identifier à l’un ou l’autre des personnages, se reconnaître dans une situation, etc. L’image ne fait pas d’abord appel au raisonnement, mais aux sentiments. On comprend que Jésus voulait prioritairement rejoindre le cœur de ses auditeurs. Une fois touchés, les personnes pouvaient continuer leur réflexion via leur pensée, leur raisonnement, bien entendu. Le monde de la publicité a compris cela depuis longtemps : on fait prioritairement appel à l’émotion. C’est ‘vendeur’. En passant, vous savez que les vitraux des grandes cathédrales (du Moyen Âge, p.ex.) servaient d’enseignement catéchétique pour les personnes ne sachant lire? L’image s’imprègne dans tout notre être, en fait. La sens de la vue demeure un chemin privilégié vers l’âme, pour le meilleur… ou pour le pire, parfois.

Depuis décembre 1999, j’ai intégré la projection d’images dans mes liturgies. Le déclencheur : notre archevêque de l’époque, Jean-Claude Turcotte, qui nous offrait un message pour l’an 2000, par vidéo-cassette. Et il demandait aux curés, si c’était possible techniquement, de présenter ce clip aux assemblées dominicales. Comme, en plus d’être pasteur à St-Sulpice, j’étais responsable de pasto-jeunesse, j’ai fait appel à mes collaborateurs et collaboratrices pour proposer qu’avec le budget de ‘Mission-Jeunesse’ (nom qui a été ensuite utilisé au niveau diocésain) on achète un projecteur et un écran qui pourraient servir ensuite pour les activités jeunesse. Nous ramassions bon an mal an environ 12,000$ pour M-J (sans compter ce que nous recueillions pour notre participation aux Journées Mondiales de la Jeunesse), et on se disait que ces nouveaux outils seraient appréciés par les jeunes. Ce fut fait avec enthousiasme et fut très prisé par la communauté qui, après la présentation du message de notre évêque, en redemandait. J’ai fait installer un écran permanent dans notre vénérable église, et nous sommes passés du projecteur d’acétates à une projection de magnifiques images/paroles de chants à chacune des eucharisties.

Ça fait donc presque 20 ans (!!!), dont 13 ans ici, que j’utilise cet extraordinaire medium en Église. Cela me demande du temps, bien entendu, mais, comme je l’expliquais à un membre de la communauté, cela sollicite mon besoin constant de créativité, ma nature artistique, mon amour de la photographie (j’ai eu mon premier appareil 35mm à mes 18 ans) et, surtout, mon amour de Dieu et de sa Création. Lorsque je fais le choix des images à projeter, je médite la Parole, j’écoute la voix de l’Esprit, je loue le Seigneur pour sa Beauté; mon âme est tranquille, dans un état de joie spirituelle, de contemplation et d’adoration.

Présentement, j’en suis à environ 4,500 images et vidéos dans ma ‘bibliothèque’ d’images prêtes à la projection sur deux écrans (une technologie spécialisée, ‘DUAL HEAD’, différente de PowerPoint, utilisant un logiciel propre aux Églises), sans oublier les 17,000 images dans ma médiathèque et les milliers de vidéos accumulés au fil des ans.

C’est ainsi que nous pouvons devenir de plus en plus ‘Sages comme des images’… du Christ et de son message?