En cette semaine de prière pour les vocations, dans notre diocèse, j’ai prié le ‘Maître de la Moisson’ pour qu’il envoie des ouvriers, comme il l’a lui-même demandé, selon les Évangiles. Je suis sûr que le Seigneur appelle toujours. Encore faut-il l’entendre, et ensuite répondre. J’en ai profiter pour réfléchir sur la genèse de l’engagement que j’ai pris, en Église, il y a déjà longtemps.

Je réalise que je vis encore de ce feu brûlant qui m’habitait à ce moment-là, et ce, particulièrement depuis l’âge de 19 ans, âge où j’ai rencontré Jésus d’une manière personnelle et très forte. Pour aider à saisir à quoi peut ressembler cette expérience de Dieu (et ça peut se présenter différemment selon les personnes), je dirais : rappelez-vous quand vous êtes tombé en amour! Puissant. Bouleversant. Explosion de joie intérieure. Sentiment inégalé de plénitude. On sent qu’on a trouvé le sens profond de notre existence. On se sent vivant!

Ma rencontre personnelle avec Jésus Christ a été faite d’Amour. Le plus pur, le plus grand, le plus fidèle. Je l’ai accueilli avec grand bonheur, avidement. Je l’ai senti travailler en moi, guérissant des blessures du passé, me redonnant ma dignité de fils, me lançant dans un processus de croissance spirituelle et humaine inégalé jusqu’alors dans ma jeune existence.

J’étais croyant. Je pratiquais ma religion. J’étais impliqué en Église (au plan liturgique, musical), mais à partir de ce que j’appelle ma véritable ‘conversion’, tout a pris une intensité nouvelle. Comme quelqu’un qui est passé près de la mort et en est revenu. Les événements et les personnes m’apparaissaient recouverts d’une lumière magnifique, et je baignais dans celle-ci.

De là, mon insatiable désir de connaître davantage le Seigneur, sa personne, sa vie, son message. La Bible devenait un livre vivant, parlant pour moi. J’allais de cours en cours pour découvrir et approfondir la Parole de Dieu. Je cherchais les lieux d’Église où on vivait une passion pour Dieu et l’Évangile, dans une véritable vie communautaire, fraternelle, spirituelle (entre autres, le groupe de prière charismatique et le Café chrétien). Et j’avais un élan extraordinaire d’aller vers les autres, parfois un peu maladroitement, pour leur faire partager ce qui m’habitait, comme un trop-plein que je ne pouvais retenir. Certains accueillaient, poliment ou avec enthousiasme, d’autres rejetaient mon témoignage avec véhémence ou –pire- avec froideur et indifférence. Mais peu m’importait. Comme disait Saint Paul, je ne pouvais faire autrement. Je serais ‘mort’ si je ne l’avais fait. Et ça dure depuis plus de quatre décennies.

Petit à petit, dans mes profondeurs, j’ai entendu l’appel à devenir prêtre et pasteur. Ça n’était pas du tout dans mes plans personnels, croyez-moi. Mais comment résister? Comme on le lit dans la Bible : ‘Tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire!’ Dans ma souveraine liberté d’enfant de Dieu, j’ai donc – après un long cheminement et discernement, et une vie de prière intense- dit ‘Me voici, Seigneur’. Je savais que ce ne serait pas tous les jours facile, que ça me demanderait une grande obéissance du cœur, mais j’étais convaincu que c’était pour mon plus grand bonheur, ce salut de tout l’être, promis par Dieu, et pour l’éternité! Il existe une panoplie de vocations et de ministères dans l’Église de Christ (voir l’image du Corps, par Saint Paul). L’essentiel–et c’est un défi- consiste à trouver la sienne; ensuite la vivre à fond, avec une grande disponibilité, avec passion et intensité, constamment à l’écoute de la Volonté de Dieu. Il nous offre sa Grâce et toutes les Grâces nécessaires à notre état de vie. Suis-moi, dit-il, JE te ferai pêcheur d’hommes.

De votre pasteur en Amour. Amen! Alleluia! Pour la Gloire de Dieu et le salut du monde!