On peut parfois se demander si la structure paroissiale est encore viable, en notre époque. Il y a quelques années, le diocèse nous avait donné deux critères d’analyse de la situation : la viabilité et la vitalité. La paroisse, constituée en Fabrique (selon la loi du Québec), est-elle financièrement viable ? Une Fabrique qui accumule de gros déficits d’année en année doit se poser de sérieuses questions sur son avenir. Pour la vitalité, on regarde le dynamisme de la pastorale. Y a-t-il de la vie concrète, du progrès et des projets, de l’engagement des personnes de tous âges, etc. ? Et il n’y a pas que la pratique dominicale qui doive servir de barème, bien entendu. Portons un regard lucide sur nos paroisses, mais toujours rempli d’espérance chrétienne. Il est flagrant qu’au Québec nous vivons une situation particulière, certains diront ‘unique’ au monde. La pratique religieuse est au plus bas, particulièrement chez les 40 ans et moins. Pour autant, devons-nous mettre la clé dans la porte et passer à autre chose. Autrement dit: la structure paroissiale est-elle dépassée et à reléguer aux oubliettes de l’histoire ecclésiale ? Je ne crois pas. Devons-nous ajuster sa manière d’être ? Sans doute. Écoutons ce que le pape François dit à ce sujet dans son exhortation ‘La joie de l’Évangile’ :

« La paroisse n’est pas une structure caduque ; précisément parce qu’elle a une grande plasticité, elle peut prendre des formes très diverses qui demandent la docilité et la créativité missionnaire du pasteur et de la communauté. Même si, certainement, elle n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se réformer et de s’adapter constamment, elle continuera à être ‘l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles.’ Cela suppose que réellement elle soit en contact avec les familles et avec la vie du peuple et ne devienne pas une structure prolixe séparée des gens, ou un groupe d’élus qui se regardent eux-mêmes. La paroisse est présence ecclésiale sur le territoire, lieu de l’écoute de la Parole, de la croissance de la vie chrétienne, du dialogue, de l’annonce, de la charité généreuse, de l’adoration et de la célébration. À travers toutes ses activités, la paroisse encourage et forme ses membres pour qu’ils soient des agents d’évangélisation.

Les autres institutions ecclésiales sont une richesse de l’Église que l’Esprit suscite pour évangéliser tous les milieux et secteurs. Mais il est très salutaire qu’elles ne perdent pas le contact avec cette réalité si riche de la paroisse du lieu. » -pape François

Personnellement, j’aime beaucoup la pastorale paroissiale pour sa diversité et le fait qu’elle touche tous les âges et les grands passages de la vie, du baptême jusqu’au moment du grand départ célébré en Église (funérailles), en passant par les sacrements d’initiation comme la Première Communion et la Confirmation, sans oublier l’engagement du mariage. J’apprécie beaucoup la spécificité de la structure paroissiale, vécue dans le sentiment d’appartenance à une famille concrète et à mesure humaine, dans l’ouverture et l’inclusivité. J’aime ce foyer de vie chrétienne où chacun se sent reconnu et aimé personnellement, appelé par son nom. Je lui souhaite longue vie au cœur du grand tournant missionnaire de notre diocèse.