…être servi et non pour servir. Exactement le contraire de ce que dit Jésus dans l’Évangile. Une phrase qui plairait bien à notre ÉGO. Qui est-ce? Il s’agit de notre MOI qui réclame à grands cris qu’on s’occupe de lui en priorité. D’où le mot ‘égocentrisme’. Le pauvre égo croit qu’il est le centre de l’univers. Il se place sur le trône et attend d’être servi par tous, et tout de suite; il ne tolère pas de délai.

L’objectif de l’éducation est d’aider la personne à éventuellement sortir de son égo pour aller vers les autres et vivre la communion. Mais comme nous sommes bombardés depuis notre naissance par des messages du genre ‘Tu es le numéro 1’, ‘tu le mérites bien’, ‘pense à toi d’abord’, ‘gâte-toi!’, etc., il peut être très difficile pour certains enfants ‘rois’ (surtout s’ils ont été éduqués ainsi, comme dans le cas des enfants à qui on a rarement dit ‘non’, de peur de ne pas être aimés…) de passer à une autre étape du développement qui est d’être tourné vers les autres pour entrer en saine relation.

L’égo exige d’être sur un trône. Il cherche une ‘cour’ (ou un ‘fan club’) qui pense et dit comme lui et le flatte dans le bon sens du poil. Il ne tolère pas qu’on le contredise. Si cela arrive, il s’obstinera jusqu’à la victoire. Il lâche difficilement le morceau. Si l’approbation ne vient pas, s’il n’a pas gain de cause, si on a osé argumenter, il boudera. Il croit que seules ses idées sont bonnes, que seule sa vision des choses est pertinente. Il travaillera très fort pour amener les autres à son point de vue. Si cela ne fonctionne pas, il tranchera en sa faveur. Parfois il ira jusqu’à faire à sa tête, quelles qu’en soient les conséquences relationnelles. Pour l’égo, respecter la hiérarchie des rôles et des pouvoirs est pratiquement impossible puisqu’il est roi dans son propre univers, donc omnipotent. Souvent, devant la réticence des autres à se rendre à ses exigences, ou face à des critiques (même constructives) il se donnera le rôle de victime pour manipuler, attirer la pitié, essayer de faire plier l’autre en jouant sur la culpabilité et d’autres sentiments et émotions semblables. L’égo accepte de travailler en équipe à condition que ce soit pour qu’on serve ses plans. Souvent, il arrivera à ses fins, très subtilement, acceptera quelques concessions, minimes, pour apaiser la tension et donner l’apparence d’une synergie qui n’existe pas tant que ça, mais reviendra à la charge plus tard pour qu’on accomplisse ses désirs.

L’égocentrisme peut devenir un esclavage et nuire dans bien des dimensions de la vie. L’égocentrique ne se voit pas comme tel; il aura besoin d’une thérapie pour prendre conscience de cet esclavage qui, au fond, ne le rend pas heureux et même l’épuise. En effet, il lui faut constamment aller de conquête en conquête; de plus il perçoit l’autre comme un rival qui risque de faire éclater sa ‘bulle’, ce qui gruge énormément l’énergie mentale.

Parallèlement à une aide professionnelle, l’œuvre de Dieu en cette personne, peut contribuer à la libération. Jésus disait : ‘Je suis venu pour servir et non pour être servi’. Voilà un message profond venant de celui qui connaît le cœur de l’homme mieux que quiconque. Plusieurs psychologues et psychiatres reconnaissent d’ailleurs la sagesse de cette parole. Avec le soutien du Sauveur, à condition de reconnaître lucidement notre condition (un gros défi…), on peut arriver à briser les chaînes de l’égocentrisme exacerbé. Mais cela peut demander beaucoup de temps et de patience. Heureusement, l’Amour vrai, pur, désintéressé et inconditionnel de Dieu –accepté avec humilité- s’avère un excellent antidote à ce mal de notre siècle. Regardons à la Croix et apprenons de notre Sauveur.