Ne vous inquiétez pas ! Ce n’est pas parce que je manque d’activités et d’engagements, hé que non! Ce que je veux dire, c’est que je m’ennuie terriblement dans la routine. Je hais la routine ! Qu’est-ce que la routine, pour moi ? De la répétition vide de sens, du radotage inutile, du ‘c’est toujours comme ça que ça s’est fait, et il faut continuer de la même manière, on ne peut rien changer’… et ce, jusqu’à ce que mort s’ensuive… En fait, je trouve que quand on tombe dans la routine (dans le sens que je l’exprime), on est déjà un peu mort, sans s’en rendre compte. Vous vous rappelez la chanson de l’automate, dans ‘Starmania’ ?  «Y a longtemps qu’j’ai pas vu l’soleil  / Dans mon univers souterrain / Pour moi tous les jours sont pareils / Pour moi la vie ça sert à rien / Je suis comme un néon éteint… » Quelle tristesse.

Attention, je n’ai rien contre les rituels, au contraire. Ils sont importants, sécurisants. Nous nous en créons plusieurs, d’ailleurs, dans notre vie personnelle : le petit café de chaque matin, le souper du dimanche chez les beaux-parents, la petite histoire pour les enfants avant le dodo, la messe de Noël en famille, le bisou avant de partir pour le travail, le cadeau de fête des mère, etc. Ces rituels font partie de notre vie, nous les avons adoptés parce qu’ils signifient quelque chose pour nous et nous apportent du bonheur ou du moins un sentiment agréable.  Mais les rituels ne jouent plus leur rôle lorsque le cœur n’y est plus. Quand nous prenons conscience de cela, nous avons alors envie de cesser de les vivre. Parce que l’humain est un être de sens, de signification et d’intensité. Lorsque le geste posé n’a plus de sens pour nous, qu’il semble ne plus rien nous apporter, et même nous agace, nous voulons le laisser tomber au plus vite, lorsque possible.

Une eau stagnante, qui ne se renouvelle jamais, ça devient quoi ? De l’eau malsaine, corrompue. Tout comme il faut que l’eau bouge et circule pour demeurer saine, il s’avère nécessaire qu’il y ait évolution et croissance dans notre façon d’être et de vivre. C’est vrai au plan humain. L’est-ce au plan de la vie chrétienne catholique ? (À suivre)

-Votre ami et frère pasteur, Jean-Pierre