On sort à peine du vendredi fou et du cyber lundi. Essoufflant! Je n’ai jamais tant reçu de courriels en quelques jours. Et on nous pousse à acheter en nous disant sans cesse : ‘le décompte est commencé! Dépêchez-vous, ces aubaines ne durent que quelques heures! Faites vite, il ne reste que peu de temps avant la fin des soldes! Quantités limitées! Ne manquez pas cette opportunité!’ Ouf.

On crée vraiment un événement. On suscite un emballement –artificiel- qui est, en fait, le fruit d’une forte pression de ne pas passer à côté de ce qui ne reviendra pas! On dit que les québécois achètent pour 1 milliard (vous avez bien lu!) de dollars lors de ce week-end ‘fou’ de quatre jours d’hyper-consommation.  C’est fort. Victoire du marketing.

Je me dis parfois que j’aimerais que la foi suscite un tel engouement. Que la messe soit tellement un événement qu’il y aurait une file d’attente devant l’église. Que les gens se ‘bousculeraient’ aux portes pour avoir les places en avant dans notre lieu de culte. Certains auraient le goût de me dire ‘Tu en as fumé du bon, mon curé!’ Non. Je suis très conscient que ça n’arrivera pas, mais un gars a le droit de rêver. Je trouve que ce que nous offre le Seigneur est tellement supérieur à tout ce que le commerce peut nous offrir. Je sais. Ce n’est pas nouveau. Ça n’a pas l’attrait de ce qui vient de sortir sur le marché. Y a la messe régulièrement et ça se ressemble d’une fois à l’autre,’rien de neuf sous le soleil’. Si on n’y va pas cette semaine, ce n’est pas comme pour le ‘vendredi fou’ qui n’arrive qu’une fois par année, l’aubaine qu’on ne retrouvera plus! On ira la semaine prochaine, peut-être,  c’est pas grave. Ah bon.

Et s’il n’y en avait pas, de semaine prochaine, pour moi? S’il ne me restait que quelques heures à vivre, sans que je le sache. Si je le savais, est-ce que ça changerait quelque chose dans mes choix de vie, dans mon ordre de priorité? Sans doute. Comment utiliserais-je les heures qui me restent? À surfer sur internet à la recherche du produit rêvé, au meilleur prix? Ou bien à rencontrer tous ceux que j’aime pour leur manifester mon amour et leur laisser un dernier message, vital, crucial, nourrissant, aidant? Allons faire un tour à la Maison Adhémar-Dion et faisons notre sondage. Vous connaissez la réponse autant que moi, bien sûr. Et Dieu, lui, dans tout ça… Peut-être aurions-nous l’élan de lui faire beaucoup de place et de lui demander de nous accompagner dans ce Grand Passage qui mène à la Communion éternelle avec Lui. Si j’ai la grâce de voir venir ce moment (je la demande tous les jours, dans ma prière), il me semble que j’aimerais alors faire un bilan de ma vie, afin de dire merci pour toutes les bénédictions, les cadeaux spirituels, l’Amour divin inconditionnel et  autres manifestations de sa Présence dans ma vie; tout en demandant Pardon  -à Dieu et à vous, mes frères et sœurs- pour toutes les fois où j’ai manqué d’amour, de foi et d’espérance; toutes les heures que j’ai gaspillées à des futilités en négligeant l’essentiel.

En ce premier décembre commence le temps de l’Avent. Si  c’était mon dernier? Qui sait? La vie est si fragile. Je ne vis pas dans la peur de la mort, pas du tout. Je ne fais que prendre conscience que je n’ai pas de temps à perdre pour des choses secondaires. Je sais mieux que jamais ce que je veux et ce que je ne veux plus vivre. J’ai envie de remplir ma vie d’amour et de rencontres, de spiritualité et d’intimité avec mon Seigneur. J’aspire à ce que cet Avent soit mon plus riche, mon plus intense jusqu’à maintenant, non pas dans le magasinage et l’épuisement à tout faire selon les diktats du temps des Fêtes commercial, mais dans l’approfondissement du vrai message de la Nativité, de l’Incarnation de Dieu parmi nous, et le partage, dans la Joie véritable, de cette Bonne Nouvelle pour mes sœurs et frères qui en ont faim.