Dans la vie ecclésiale que nous poursuivons, il y a quatre axes principaux. On peut les appeler différemment, mais le contenu est le même. On peut parler des ‘4 roues’ de la vie chrétienne : l’éducation à la foi, la célébration, la vie fraternelle, le rayonnement. Ces quatre dimensions fondamentales constituent une vie chrétienne riche et fructueuse. Qu’un des quatre aspects manque de façon importante dans notre vie, et c’est l’ ‘anémie’ de la foi qui nous guette, comme individu et comme communauté Église. Ces ‘quatre roues’ appartenant au même ‘véhicule’, on peut saisir ce qui arrive si l’une d’elles est dégonflée ou carrément absente. Ça ne roule pas bien. On doit prendre l’accotement, ou on risque un grave dérapage. Je saisis aussi que chaque axe nous amène forcément à l’autre. Il y a synergie entre toutes ces dimensions, sinon la vie chrétienne est amputée de quelque chose de vital.

Traitons aujourd’hui du ‘rayonnement’, particulièrement dans son aspect concrètement social, politique et économique. Saviez-vous que l’Église catholique a sa doctrine sociale? Elle est d’ailleurs très élaborée, systématique et basée, bien entendu, sur les principes bibliques. Tous auraient avantage à la découvrir; elle est disponible en librairie religieuse ou sur internet. L’Église veut nous faire saisir que nous sommes appelés à travailler à un nouvel ordre des choses, en ce monde, au nom de Dieu et son Royaume de justice et de paix. Notre pape actuel s’est exprimé à ce sujet dans nombre de publications, entre autres dans ‘Laudato si’. Nous ne pratiquons pas la ‘religiosité’ mais la vie évangélique.

Vous vous rappelez cette phrase de Saint Paul : ‘Mes enfants, il faut aimer non en discours, mais en actes et en vérité’. C’est trop facile de se ‘gargariser’ de belles grandes affirmations théologiques et religieuses et de rester tout à fait insensible à ce que vit ma sœur ou mon frère, tout près de moi ou plus loin dans le monde. Rappelez-vous la parabole de Jésus : le riche complètement aveugle à la misère du pauvre Lazare couché au seuil de sa maison… On connaît bien la conclusion de cette histoire. La Bible entière est traversée d’un souci de justice sociale. Le jeûne qui me plaît, dit le Seigneur, c’est que vous preniez soin de la veuve et de l’orphelin. Voilà une interpellation divine.

Dans notre communauté, je suis fier d’affirmer que nous faisons la différence dans la vie de beaucoup de gens. Durant le Carême de partage Développement & Paix, grâce au calendrier spécial et aux autres documents fournis par l’organisme catholique (fondé par les évêques canadiens), nous nous sensibilisons au quotidien à la réalité de sœurs et frères de pays en voie de développement. La sensibilisation s’avère toujours le premier pas dans l’action. Nous vous invitons donc spécialement à notre SOIRÉE-SOLIDARITÉ annuelle, le vendredi, 9 mars, à 19h (il n’y a pas de repas-bouillon, cette fois). Nous recevons une partenaire haïtienne, Mme Marie-Fausta Jean-Maurice Baptiste, qui nous parlera du développement rural en Haïti et du renforcement des organisations paysannes. L’enjeu est important. Je vous invite à entendre l’appel du Seigneur dans cette convocation. Vous êtes trop fatigués, le soir? Pensez à ceux et celles qui, dans plusieurs pays, marchent des kilomètres pour aller chercher de l’eau ou qui parcourent une immense distance pour aller à l’église ou au catéchisme… L’Esprit pousse au-delà de nos zones de confort…

J’en profite pour souligner que notre Saint-Vincent de Paul locale vous invitera aussi à un partage fraternel lors du Jeudi Saint prochain : il s’agira d’apporter une denrée non-périssable lors de la célébration de la messe de 19h30. Un chrétien convaincu ne peut faire eucharistie s’il n’a pas le souci du plus pauvre. Ce serait un contre-témoignage. Merci aux membres de la SSVP pour leur action!

Je souligne aussi notre travail missionnaire au sein d’« Enfants de Bolivie ». Nous verrons bientôt le retour de M. Sabourin parmi nous. Je lui demanderai de nous parler de la situation actuelle là-bas.

Bonne mission à tous!