Depuis le Concile Vatican II (qui s’est terminé en 1965), le sens de ce sacrement a été revu. Mais plusieurs personnes ne l’ont pas encore saisi, je crois.

On me parle encore parfois d’ « extrême onction », alors que le terme juste, maintenant, est « onction des malades ». On ne pense plus à ce sacrement comme le ‘passeport’ ultime vers le Ciel, donné dans les derniers moments de vie –et même après la mort- mais de sacrement de réconfort, de force, de lumière, de paix durant la maladie. Une personne à qui je demandais pourquoi la famille ne m’avait pas appelé avant, pour demander l’onction, me répondait candidement : « Il n’était pas encore assez bas ». Nous avons là l’ancienne et désuète vision du sacrement des malades.

On peut recevoir ce signe de tendresse et de Présence de Dieu –et même de guérison!- dès que la santé manifeste une faiblesse, ou avant une opération risquée (même un enfant peut le recevoir, s’il se prépare à une intervention chirurgicale, ou a des problèmes importants de santé). On peut aussi recevoir ce sacrement annuellement dès que nous nous sentons fragilisés par l’âge avancé! Ça ne peut que faire du bien spirituellement et physiquement, puisque c’est le Seigneur qui se donne à nous par ce moyen (vous vous rappelez la définition d’un sacrement? Signe efficace…). Il ne faut pas attendre que la personne soit à ses dernières heures de vie sur terre, parce que vous risquez fort de ne pas voir de prêtre. D’abord parce que les prêtres actifs sont de plus en plus rares, et ceux qui restent –j’en témoigne!- travaillent comme deux (surtout en paroisse) et ne peuvent pas nécessairement se rendre sur place au moment de l’appel, en raison des obligations nombreuses dans leur communauté chrétienne. Et parce que nous prenons une journée et demie de congé par semaine (nous sommes humains et avons besoin d’un peu de repos pour continuer à servir efficacement. Les prêtres ne demeurent pas nécessairement au presbytère durant leur congé). Nous ne sommes plus à l’époque de Séraphin où les gens demeuraient à la maison jusqu’à leur mort. Le curé (ayant parfois un ou plusieurs vicaires) avait peu de paroissiens, tous vivant à moins de 10 minutes du presbytère…

Vous savez qu’il y a des aumôniers catholiques dans les hôpitaux (de moins en moins…) à qui vous pouvez faire appel. Mais, d’après ce que je comprends, ils ne sont plus en poste les week-ends (pas par choix personnel mais à cause de la politique institutionnelle). Du moins pour Maisonneuve-Rosemont, semble-t-il. Conclusion : si vous désirez l’onction des malades pour vous ou pour quelqu’un que vous aimez : ne prenez pas le risque d’attendre. Faites la demande (à l’hôpital, si la personne y séjourne; et quelques jours à l’avance, durant la semaine ; ou au presbytère de la communauté chrétienne à laquelle appartient le malade) en prévoyant de façon réaliste que le prêtre ne pourra pas répondre sur le champ. Assurez-vous que la personne soit d’accord (et les parents, s’il s’agit d’un mineur) et consciente. Elle pourra ainsi bénéficier pleinement du sacrement et de la rencontre avec le prêtre (certains en profitent pour se confier et même se confesser, même si le pardon des fautes fait partie du geste sacramentel offert; parler en toute confidentialité peut libérer, soulager la conscience, répondre à des questions existentielles, mettre un baume sur les plaies, les peurs, les anxiétés, etc). Un moment fort de notre année pastorale : l’onction des malades offertes lors des messes dominicales, les 9-10 juin prochains, avec la contribution très appréciée des membres du SASMAD qui tout au long de l’année visitent les aînés et malades qui demandent un accompagnement spirituel. Quelle force que cette rencontre communautaire où la prière de tous fait… des miracles!