Je ne vous parlerai pas de relations humaines, mais de certains termes utilisés en Église. On me pose souvent des questions. Voici quelques réponses (Il y en aura d’autres, plus tard dans l’année liturgique).

Curé : dans le langage populaire, c’est généralement ainsi qu’on parle des prêtres catholiques. Mais tous les prêtres ne sont pas curés. Ce terme désigne précisément la personne mandatée par l’évêque du diocèse comme première responsable d’une paroisse et, au Québec (en lien avec la loi provinciale des Fabriques), le curé est d’office le Président de la Fabrique, donc de l’assemblée des marguilliers. À une époque, il y eut des prêtres animateurs de pastorale dans les écoles, des prêtres-ouvriers en usine; aujourd’hui, on voit des prêtres aumôniers dans l’armée, dans les hôpitaux, dans les CHSLD (ou autres maisons de soin/fin de vie). Moi-même j’ai été pendant plus de six ans responsable de la pastorale-jeunesse dans huit paroisses du secteur dit «l’Assomption. Il est vrai qu’on voit de moins en moins de prêtre hors paroisse puisque nous sommes beaucoup moins nombreux qu’autrefois; conséquemment, la plupart des prêtres toujours actifs dans notre diocèse sont prioritairement envoyés en paroisse. On ne peut oublier tous les prêtres membres de communautés religieuses (ex. Capucins, Jésuites, Oblats) qui relèvent d’abord de leur Supérieur qui décide avec eux de leur mandat pastoral et de leurs tâches (certains peuvent être curés, appelés par l’évêque, comme notre voisin, Guy Simard, OVM).

À l’époque de l’abondance des vocations, le nouvel ordonné débutait sa vie de service en étant vicaire, c’est-à-dire, l’aide du curé, son bras droit, son délégué et représentant (on appelle d’ailleurs le pape : ‘vicaire du Christ’), son premier collaborateur. Le vicaire ne fait pas d’administration comme le curé. Il se concentre sur la pastorale paroissiale, toujours en lien avec son confrère curé. Autrefois, on ne nommait généralement curé que le vicaire qui avait plusieurs années d’expérience, un certain âge et degré de maturité. Certains prêtres demeuraient vicaires toute leur vie, par choix (comme notre ami Bernard) ou parce que le prêtre en question n’était pas appelé à administrer une paroisse, qui se veut non seulement communauté chrétienne mais corporation avec employés, conseil administratif (sans but lucratif), mobilier et immobilier à gérer. Nous ne sommes pas tous faits pour ça. Par contre, en notre époque de pénurie, les nouveaux prêtres se voient nommés rapidement curés. On est loin du temps où certaines paroisses étaient desservies par deux à cinq vicaires; chacun avait sa journée de garde (‘de bureau’) dans la semaine. Le travail et les responsabilités s’avéraient moins lourds pour chacun, les dossiers pouvaient être répartis selon les forces de chacun. Et on bénéficiait en plus du service d’une ou plusieurs ménagères (cuisine, entretien, lavage, etc.) qui, dans certains cas, avaient leurs appartements sur place. Sans oublier le sacristain, employé rémunéré qui voyait à l’entretien de son église et son presbytère. Nous ne sommes plus là, au Québec.

Je termine avec une précision : je suis prêtre séculier (‘de ce siècle’), ce qui veut dire que je relève de mon archevêque (‘l’Ordinaire du lieu’), dont je suis le délégué en paroisse. Je n’ai pas fait le vœu de pauvreté (contrairement aux prêtres membres de communautés religieuses) et je gère mon salaire et mon budget comme n’importe quelle personne vivant en société. Les Frères, Pères, Sœurs, consacré-e-s font trois vœux : pauvreté-chasteté-obéissance. J’ai fait plutôt deux promesses : célibat (ce qui, dans notre Église signifie chasteté) et obéissance (à mon évêque, qui me relaie les appels de Dieu).