Je sais que pour certains, cela peut sembler bizarre, pour ne pas dire incongru, qu’une communauté chrétienne puisse être «Église verte». Quelqu’un m’a déjà dit : la religion n’a pas à se mêler de ce domaine. Réaction beaucoup plus incongrue, me semble-t-il, que notre appartenance –légitime et évangélique- à un Réseau qui veut prendre soin de l’œuvre du Créateur de cet extraordinaire univers !

Quant à moi, je ‘suis tombé dedans’ étant adolescent, grâce à un professeur de la polyvalente que je fréquentais (Calixa-Lavallée, Montréal-Nord), qui a fondé au tout début des années ’70 un groupe d’écologie, comme activité parascolaire. Disons que cela n’a pas eu un succès fou en terme de quantité de participants ; mais en termes d’influence dans la vie de l’école, ce fut assez réussi. Activités de sensibilisation à la problématique du gaspillage et de la surconsommation, gestes concrets de ramassage du papier réutilisable, etc. J’imagine que nous étions un peu pionniers de ce que nous vivons aujourd’hui.

Je me rappelle que je ne fus pas ‘reposant’ pour mes parents. À la limite, j’étais devenu harcelant pour qu’ils économisent l’énergie sous toutes ses formes, alors que ça n’était pas tellement dans la culture ambiante. Que dire de mes ‘crises’ d’indignation devant les gens qui, par leur fenêtre de voiture, jetaient mégots et déchets de toutes sortes comme si la nature constituait une immense poubelle.

Un de mes amis, passionné de tout ce qui avait un moteur fonctionnant à l’essence, me trouvait atrocement dérangeant dans mes éternelles argumentations au sujet de la non nécessité d’une voiture aussi grosse, au moteur tellement puissant, encore moins d’une deuxième voiture (n’oublions pas que nous avions le métro à Montréal depuis 1966, si ma mémoire est bonne), et que les motoneiges (pour lesquelles mon ami aurait vendu son âme !) n’étaient que des engins inutiles, polluants, destructeurs de la paix à la campagne, nous empêchant de faire une sain entraînement physique dans la nature. Passer toute la semaine derrière un volant, pour se retrouver derrière un autre volant, le week-end !?? Disons, qu’à l’époque, je ne faisais pas dans la nuance…

Moi-même, j’ai résisté à l’achat d’une voiture jusqu’à l’âge de 27 ans, alors que tous mes amis se targaient d’en avoir une dès 16 ans ou un peu plus (ça attirait les filles, disaient-ils… Quand on a besoin d’un bolide pour ça, côté personnalité, ce n’est pas fort, hum…). J’étais vu comme le contestataire, hippie de cœur, embêtant avec ses histoires de planète propre, de sources d’énergie alternatives, de respect pour la Création de Dieu, etc. Je me rappelle que la conseillière en orientation de l’école m’avait demandé, avec un regard presque inquiétant, si je me sentais parfois ‘différent’ des autres. Euh… (!!!)

Aujourd’hui, je suis fier d’avoir fait partie des ‘défricheurs’ dans ce domaine et je continuerai toujours à lutter pour la santé et la survie de cette planète que j’aime tant, cadeau de mon Seigneur, apportant ma petite contribution, appuyé par ce Réseau innovateur qu’est «Églises vertes» auquel je suis fier d’appartenir avec vous tous !