On m’appelle parfois ainsi, et c’est justifié. Je suis tombé dedans quand j’étais petit! Ma mère me disait qu’à six mois, je ‘trippais’ déjà micro et magnétophone. Ensuite, ce fut la musique. Puis la photographie. À partir du jour où mon père a gagné un ‘Instamatic’ avec cubes-flash, je suis tombé en amour avec cet art. À dix-huit ans, pour ma majorité, mes parents m’ont offert mon premier 35mm reflex. Wow! Cet été-là, j’ai dévoré tout ce qui s’écrivait sur la photographie. J’ai vidé deux bibliothèques municipales, sans oublier tous les magazines spécialisés achetés grâce à mon travail d’étudiant. Je suis un passionné. Alors, quand j’ai un attrait pour quelque chose, j’y vais ‘à fond la caisse’. Je faisais alors surtout de la diapositive (j’avais été tellement fasciné, enfant, par les ‘ViewMaster’ projetés dans le salon chez-moi, par un prêtre Oblat, ami de ma famille!) et je rêvais de m’acheter (au revoir, les économies!) non pas un, mais deux projecteurs, pour faire un fondu enchaîné entre les images. Ce qui fut fait. J’avais vu ce procédé lors d’un voyage, et j’ai fait venir de New York (bien avant qu’Amazon existe!) un bidule permettant cet effet. Toute la parenté s’est vu infliger mes nombreux et célèbres diaporamas de voyage avec piste sonore et narration…
Savez-vous que je suis l’inventeur lointain du ‘Walkman’ (sans doute que je ne suis pas le seul hi!hi!)! Fin du primaire, mes parents m’ont offert un petit tourne-disque stéréo avec haut-parleurs détachables. Je plaçais les haut-parleurs face à face, avec une trentaine de centimètres entre les deux et m’asseoyais de manière à avoir une oreille devant chacun de ceux -ci pour mieux apprécier la stéréophonie. (nouvellement mise sur le marché…) Pas très portatif, par contre… Imaginez quand j’ai découvert la quadraphonie dans un pavillon de ‘Terre des Hommes’. J’en ai rêvé pendant des nuits, et avais réussi à m’en créer une pâle copie, à la maison.
J’ai reçu une caméra vidéo (Super VHS), l’année de mon ordination, et mes économies ont servi à acheter des cassettes et des accessoires, incluant une platine de montage avec effets spéciaux. Tout cela me servait en pastorale-jeunesse et pour la paroisse. D’ailleurs, même assez jeune (entre 15 et 20 ans, je crois), le curé de ma paroisse, connaissant mes intérêts, m’avait donné le contrat de bâtir un Chemin de Croix, son et image, et avait loué un écran de 12 pieds de large, pour que je puisse présenter le tout au Vendredi Saint. Quand j’y pense, j’en suis encore ému (merci Sr Jocelyne d’avoir fait équipe avec moi! Quelle belle aventure!).
J’ai découvert l’ordinateur à l’Assomption. Ma paroisse de stage venait d’acheter un premier appareil (écran monochrome vert, pas de disque dur mais des disquettes de 5 pouces et quelque, une imprimante à points, une mini-mémoire vive) et le curé avait commencé à faire un peu de traitement de texte dessus. Mais il désirait que ça serve à autres choses au bureau. Il m’a demandé si ça m’intéressait de travailler là-dessus. Ça me faisait peur, mais j’ai plongé dans cet univers et lu les ‘briques’ qu’étaient les manuels des petits logiciels que nous avions en… DOS… Nous étions loin encore du Windows. J’en ai passé, des soirées là-dessus! J’avais 29 ans, et depuis ce jour, j’ai toujours été fasciné par cela, et en progression dans ce domaine. Quand internet est devenu ‘grand public’, ce sont des jeunes qui m’y ont initié. Encore là, quel bel outil, que j’utilise beaucoup, entre autres avec les médias sociaux.
Le fil conducteur : tout cela a surtout contribué à mon ministère de baptisé, puis de prêtre. J’y ai trouvé beaucoup de plaisir, et ça n’a pas de cesse. Mais ma plus grande joie, c’est que cela s’est toujours fait d’abord et avant tout au bénéfice du Royaume de Dieu et de son Église. Le Seigneur nous donne à tous des moyens et des talents à faire fructifier. Je me sens privilégié et heureux de l’avoir saisi très jeune.