Se plaindre qu’une heure de messe c’est trop,  équivaut, il me semble, à dire à son conjoint ou sa conjointe : ‘Je t’aime beaucoup, mais ne t’attends pas à ce que je te consacre beaucoup de temps.’ Ou de dire à un parent proche hospitalisé : ‘J’espère que tu ne seras pas plate. Je t’avertis d’avance, je ne resterai pas longtemps, j’ai autre chose à faire ! Et, je t’en prie, ne me raconte pas trop ta vie !’ Vous savez, ce n’est pas d’abord le curé qui souffre le plus de cette attitude. C’est le Seigneur lui-même. Notre Dieu au Cœur immense, qui a faim et soif de notre présence. Il a donné sa Vie sur la Croix pour nous offrir l’Amour le plus pur, le plus gratuit et gracieux, pour nous faire entrer dans le Bonheur Éternel avec lui, et nous…nous n’avons que 50 minutes à lui consacrer. Triste et injuste. Dieu attend, légitimement, une réponse d’amour de sa famille, un signe concret qu’il est une priorité pour nous. Les reçoit-il ? Pourtant il les mérite plus que quiconque sur la planète. De plus, en bon parent qu’il est (l’ultime !), il sait que, cette heure passée ensemble, nous serons les premiers à en bénéficier, et les gens que la vie nous confie aussi. Il veut nous gâter. Pas avec du ‘fast food’ spirituel, mais avec un ‘quatre services’ gastronomique. Imaginez un grand banquet royal, où vous auriez été invité de façon privilégiée et exceptionnelle, et que vous avisez le Roi, en entrant dans la salle, que vous n’avez que le temps pour l’apéro…

Dans un monde de l’instantanéité, comme le nôtre, ne faut-il pas réapprendre à ‘prendre le temps’ ? Le temps de la contemplation, le temps de goûter le présent comme un cadeau, le temps du mûrissement de l’être, de l’âme ? On veut tout, tout de suite, et tout en même temps. Je peux vous assurer que dans l’ordre du cheminement chrétien, ça ne fonctionne pas ainsi… pas plus que dans la croissance humaine, en fait. Par expérience, je vous promets que l’heure que nous prenons en Église lors d’une Eucharistie vécue intensément comme un Rendez-vous Divin (et non comme un rituel à accomplir machinalement) porte plus de bons fruits dans votre vie, et vous apporte davantage de Grâces et de Bénédictions que toute autre action de votre semaine, qui compte pourtant pas moins de… 168 heures…

Je rêve du jour où les gens, à la fin d’une messe, crieront en chœur : ‘Encore s.v.p. Encore ! Nous en voulons plus !’ Non pas parce que le ‘spectacle’ était bon… La messe est tout sauf un spectacle ! Mais parce que la Rencontre aura été sentie, profonde, touchante, transformante, pleine de révérence et d’amour pour notre Seigneur.

Un bon curé disait à un paroissien qui se plaignait que les messes s’allongeaient depuis un certain temps : ‘Cher ami, ce ne sont pas les messes qui allongent, mais votre piété qui raccourcit…’ Matière à réfelxion.