Quand j’entends dire que quelqu’un trouve les homélies, les témoignages d’invités… ou les messes elles-mêmes… trop longs, dans mon cœur je vis une souffrance qui s’apparente à une peine d’amour. Oui, oui ! Peut-être pas avec l’éclat et le dramatique de certaines ruptures amoureuses qu’on peut vivre, surtout étant jeunes, mais quand même… Sans exagérer, je ressens une douleur profonde réelle parce que je perçois que, comme le déclarait saint François d’Assise au sultan Al-Kamil: ‘L’Amour n’est pas assez aimé !’

D’ailleurs, dites-moi, qui a décidé qu’une messe ne devait pas durer plus de 45 ou 50 minutes ? Sûrement pas un passionné du Sauveur. Je me rappelle un voyage en Floride où la messe avait duré plus de 1h15 sans que personne n’y voit aucun problème, au contraire. Au Nicaragua, pays d’Amérique centrale où j’ai vécu un projet humanitaire, une Eucharistie de moins d’une heure serait considérée comme une insulte au Seigneur. Avez-vous déjà participé à une liturgie africaine ou haïtienne ? Vous me direz que nous sommes en Amérique du Nord et non ailleurs… Vrai. Qu’il s’agit de notre culture… Mais n’est-ce pas le même Seigneur, que nous sommes venus rencontrer et célébrer ? Ne devons-nous pas aller à contre-courant de notre culture lorsque nécessaire pour être fidèles à notre baptême et notre choix d’être disciples ?

Bizarre que nos téléromans, un film au cinéma, ou nos sports télévisés, qui durent une heure minimum, et souvent plusieurs heures, ne nous paraissent pas trop longs… C’est vrai que les sièges sont alors plus confortables que les bancs d’église, je vous l’accorde.

Pourquoi sommes-nous toujours si pressés que l’Eucharistie finisse? Qu’avons-nous de si important à faire ? Ça me pose la question de la raison même de notre présence à la messe. Pour quelles raisons sommes-nous venus ? Et qu’avons-nous de PLUS important à faire que d’entendre la Parole de Dieu, de le magnifier en Église, de communier à son Amour incarné en Jésus qui se donne dans le Pain de Vie, de rencontrer des frères et sœurs avec qui se ressourcer pour mieux affronter les défis de la vie quotidienne, de faire silence pour entendre Sa voix qui nous guide dans les situations corsées de l’existence actuelle ? Un spectacle qui dure moins d’une heure nous laisse sur notre appétit. Pourquoi  une messe ne nous fait-elle pas le même effet ? (À SUIVRE)