Un adage très connu, attribué à Saint Augustin, repris plus tard par le réformateur protestant Luther. Ce samedi matin, ç’a été le thème de notre ‘p’tite Pasto’ mensuelle (parcours d’éveil à la foi pour les 0-6 ans). J’aime cette expression. Et je la trouve très pertinente pour tous les âges de la vie.

Quand on chante, non seulement l’esprit, mais le corps est mis à contribution. Dans la foi chrétienne, corps et âme ne font qu’un (nous vivrons une séparation des deux lors de notre mort, mais pour retrouver, à la fin des temps –au jour de la Résurrection de la chair- notre corps glorifié et spiritualisé, comme celui de Jésus.). Et le corps, malgré toutes les déformations que nous avons pu constater à ce sujet dans l’histoire du christianisme, est compris comme le Temple de l’Esprit, dans la foi qu’est la nôtre. D’autant plus que Dieu a pris chair, s’est incarné dans un corps comme le nôtre.

Que se passe-t-il, dans notre corps, quand nous chantons? Je résumerais en disant que toutes les composantes de celui-ci sont mis en œuvre. Le cœur s’active, les muscles sont mis à contribution pour pousser l’air vers le haut, le diaphragme, entre autres, fait son œuvre dans ce processus. La gorge s’ouvre, les cordes vocales vibrent, les vaisseaux sanguins se dilatent, on ressent donc une détente en profondeur. Je ne suis pas médecin, et vous pourriez sans doute trouver sur internet des descriptions précises du processus, mais je le ressens dans tout mon être quand je chante, et j’aime beaucoup cette sensation. Certains diront qu’ils se sentent davantage ‘vivants’. Et puisqu’on parle ici de prière, je dirais que le souffle nécessaire à l’expression de la voix, me semble alors être celui du Saint Esprit lui-même qui passe par moi, et agit en moi. Sans oublier les anges qui se joignent à mon chant!

Pour moi, la prière chantée (et parfois dansée et ‘gestuée’) s’avère guérissante et libérante. Lorsque l’anxiété m’envahit, je m’installe au clavier, et je chante. Les tensions diminuent. Le rythme respiratoire se régularise. La paix intérieure s’installe. Il me semble que le Seigneur est à l’écoute et qu’il se réjouit de recevoir soit une louange, ou un cri du cœur lancé vers lui à partir de mon besoin ou de ma souffrance du moment. Quel père n’aimerait pas ça?

Dans une liturgie, souvent les gens vont me dire que le chant et la musique les rejoignent en profondeur, les font vibrer intérieurement. Par ce qu’ils entendent (effectivement, le son est une vibration de l’air, et déjà, au plan physique fait ‘vibrer’ notre être), et par ce qu’ils interprètent. La musique constitue un langage universel, accessible à tous et efficace pour faire passer un message qui nous rejoint vraiment. Dans nos formations en liturgie, on nous disait, pour prendre un exemple, l’importance de choisir un chant d’entrée connu et simple que tous peuvent entonner afin d’unir les cœurs dès le début. Effectivement, lorsqu’un groupe –que ce soit dans un concert rock ou une messe- chante à l’unisson, la communion se bâtit, s’expérimente et se goûte; l’harmonie se crée; sentiment de plénitude et de participation à quelque chose de plus grand que nous. Comme sortir de nous-mêmes et dépasser nos limites personnelles pour entrer dans un Tout qui nous embrasse et nous façonne. Le rôle de l’animateur-animatrice de chant ou de la chorale, dans une assemblée chrétienne, est de faciliter la participation de la foule. Il y a sans doute nécessité de temps d’écoute, mais le plus souvent les gens présents doivent pouvoir vivre l’expérience de chanter. Dans la Bible, on nous invite, particulièrement dans les psaumes, à jouer des instruments et à chanter pour le Seigneur! Pour notre plus grand bien et la joie de Dieu. Certains se sentent gênés de participer, même bloqués parce qu’ils croient (souvent parce que quelqu’un leur a déjà affirmé cela) ne pas avoir une belle voix ou ne pas avoir d’oreille! Ça se peut, mais je répondrais : je vous en prie, ne laissez pas les complexes vous empêcher de chanter. Allez-y joyeusement! Laissez jaillir ce qui vous habite! Que votre ‘essence’ unique et aimée de Dieu s’exprime puissamment. Personne ne chante faux, dans l’ordre spirituel.