Il y a quelques mois, un membre de la communauté me parlait de ce moment où je pratique mes chants avant la messe… Et je lui ai précisé que je ne pratiquais pas mes chants. Je prie en chantant. Je prépare mon cœur à la Rencontre.

Je choisis des chants en lien avec ce que nous célébrons et je les offre au Seigneur et… à vous. Je ne sais pas à quel point ça vous rejoint et vous aide dans votre préparation à la messe, mais je sens le besoin et l’appel de le faire (lorsque c’est moi qui anime le chant, bien entendu). Entre les chants, un moment de silence pour vous permettre un beau dialogue avec notre Dieu d’Amour.

Dans ses apparitions à Medjugorje, la Vierge parle régulièrement d’un temps de transition nécessaire entre la vie trépidante que nous vivons à l’extérieur de l’église et l’entrée dans ce lieu hautement spirituel qu’est l’église, pour la Rencontre avec notre Dieu. Il y a beaucoup de bruit dans nos vies. Il reste peu d’endroits où le silence est possible. Je souhaite que nous puissions en trouver dans notre église. Ce qui n’empêche pas l’accueil chaleureux et la fraternité, mais dans le respect de ce qui fait de notre Maison une oasis de paix au milieu de la fébrilité de ce monde. Et dans le respect de ceux et celles qui apprécient le silence et l’écoute de ce que le Seigneur désire leur dire au fond de leur âme.

Je suis conscient que, pour certains, l’intériorité est difficile. Mais il me semble qu’elle est pourtant essentielle si l’on veut que le Seigneur puisse accomplir son œuvre en nous. C’est l’une des raisons pour laquelle j’ai institué, en août dernier, la semaine de ‘style monastique’. Avant les messes du mardi au vendredi, il y a alors moins de prière vocale et davantage d’Adoration silencieuse. L’expérience, et mon long vécu spirituel, m’indiquent l’urgence et l’importance vitale de cette façon de vivre la spiritualité. À partir de ce mois-ci, nous irons encore plus loin : durant la dernière semaine du mois, non seulement nous ferons davantage silence avant la messe (ce qui n’empêche pas d’avoir une musique douce et méditative durant ce temps, ou du chant grégorien, ou de Taizé, p.ex.), mais aussi pendant l’Eucharistie. Donc, moins –ou pas- d’homélie et davantage de temps d’Adoration après la communion.

Et je rappelle à mes Proclamateurs de la Parole l’importance de ne pas passer trop rapidement d’un texte à l’autre. Nous en avons parlé lors de la session de liturgie en octobre. Il faut être fidèle à ces consignes pour que la Parole résonne davantage dans nos cœurs. Respirons.

Le silence, ça s’apprivoise. Ça s’apprend. Tout comme l’intériorité. Et c’est bon pour l’âme. Cela s’avère guérissant et apaisant. Votre âme en redemandera. Je vous souhaite de devenir ‘accro’ au silence!