CECI N’EST PAS UNE PRATIQUE

Il y a quelques mois, un membre de la communauté me parlait de ce moment où je pratique mes chants avant la messe… Et je lui ai précisé que je ne pratiquais pas mes chants. Je prie en chantant. Je prépare mon cœur à la Rencontre.

Je choisis des chants en lien avec ce que nous célébrons et je les offre au Seigneur et… à vous. Je ne sais pas à quel point ça vous rejoint et vous aide dans votre préparation à la messe, mais je sens le besoin et l’appel de le faire (lorsque c’est moi qui anime le chant, bien entendu). Entre les chants, un moment de silence pour vous permettre un beau dialogue avec notre Dieu d’Amour.

Dans ses apparitions à Medjugorje, la Vierge parle régulièrement d’un temps de transition nécessaire entre la vie trépidante que nous vivons à l’extérieur de l’église et l’entrée dans ce lieu hautement spirituel qu’est l’église, pour la Rencontre avec notre Dieu. Il y a beaucoup de bruit dans nos vies. Il reste peu d’endroits où le silence est possible. Je souhaite que nous puissions en trouver dans notre église. Ce qui n’empêche pas l’accueil chaleureux et la fraternité, mais dans le respect de ce qui fait de notre Maison une oasis de paix au milieu de la fébrilité de ce monde. Et dans le respect de ceux et celles qui apprécient le silence et l’écoute de ce que le Seigneur désire leur dire au fond de leur âme.

Je suis conscient que, pour certains, l’intériorité est difficile. Mais il me semble qu’elle est pourtant essentielle si l’on veut que le Seigneur puisse accomplir son œuvre en nous. C’est l’une des raisons pour laquelle j’ai institué, en août dernier, la semaine de ‘style monastique’. Avant les messes du mardi au vendredi, il y a alors moins de prière vocale et davantage d’Adoration silencieuse. L’expérience, et mon long vécu spirituel, m’indiquent l’urgence et l’importance vitale de cette façon de vivre la spiritualité. À partir de ce mois-ci, nous irons encore plus loin : durant la dernière semaine du mois, non seulement nous ferons davantage silence avant la messe (ce qui n’empêche pas d’avoir une musique douce et méditative durant ce temps, ou du chant grégorien, ou de Taizé, p.ex.), mais aussi pendant l’Eucharistie. Donc, moins –ou pas- d’homélie et davantage de temps d’Adoration après la communion.

Et je rappelle à mes Proclamateurs de la Parole l’importance de ne pas passer trop rapidement d’un texte à l’autre. Nous en avons parlé lors de la session de liturgie en octobre. Il faut être fidèle à ces consignes pour que la Parole résonne davantage dans nos cœurs. Respirons.

Le silence, ça s’apprivoise. Ça s’apprend. Tout comme l’intériorité. Et c’est bon pour l’âme. Cela s’avère guérissant et apaisant. Votre âme en redemandera. Je vous souhaite de devenir ‘accro’ au silence!

UN PEU DE PARADIS TOUS LES JOURS!

Dans ma jeunesse, au Jour de l’An –et durant tout le mois de janvier- on se souhaitait une Bonne Année et ‘le Paradis à la fin de nos jours!’ À l’époque, on installait nos décorations de Noël vers le 15 décembre (les cantiques à la radio commençaient à se faire entendre seulement le 8 décembre, journée fériée de l’Immaculée Conception), et, avant la grande réforme universelle (en lien avec le concile Vatican II), le temps liturgique de Noël s’achevait le 2 février, avec la célébration de la Chandeleur.

Autres temps, autres mœurs…  Comme la ‘saison des Fêtes’ commence maintenant très tôt –le commerce en ayant décidé ainsi-  elle se termine abruptement le 2 janvier, pour la plupart des gens. J’ai déjà vu des gens démonter leur décor de Noël le 26 décembre parce que, me disait le papa, ‘on est écoeurés de les voir, on les a depuis le 4 novembre…’ Et ce n’est pas long qu’on trouve le chocolat de la Saint-Valentin sur les tablettes de magasins… (J’en ai déjà vu avant le Jour de l’An.)

Les vœux du Jour de l’An paraissent donc un peu en retard déjà, à notre époque où tout roule à 100 à l’heure! On passe vite à autre chose. La religion n’assure clairement plus le ‘découpage du temps’ pour la grande majorité de nos contemporains. Mais je me permets quand même ce vœu, en lien avec les souhaits de mon enfance : ‘Oui, le Paradis à la fin de vos jours, mais aussi un peu de Paradis tous les jours!’ J’ai commencé à utiliser cette formulation il y a une vingtaine d’années, et je remarque que, peu à peu, plusieurs ont pris l’habitude de me souhaiter la ‘bonne année’ de cette façon aussi. Ce que j’apprécie vraiment.

Parce que je crois que le Paradis n’est pas seulement à la fin de nos jours, mais à tous les jours. Pas dans la plénitude promise, bien sûr, mais partiellement, comme un avant-goût! Parce que Jésus est notre Paradis. Et il a promis sa Présence quotidienne à qui veut bien l’accueillir. Voilà tout. Chaque fois que je me branche sur le Seigneur, qui m’habite, me nourrit, me dynamise, m’oriente, me sanctifie, m’apaise, me donne de grandir humainement et spirituellement, je suis au Paradis. Je suis au Ciel, quelles que soient les circonstances extérieures. Le Paradis, c’est Dieu, le Père, révélé par Christ et par le Saint Esprit que nous donne notre Seigneur. Qu’on soit dans l’indigence ou la richesse, la santé ou la maladie, le succès ou l’échec, la peine ou l’allégresse, le Paradis est à notre portée, éminemment accessible depuis que le Christ est mort et ressuscité pour nous.

On parle parfois de ‘paradis artificiel’ quand on traite de l’effet des drogues sur l’être humain. Il s’agit plutôt d’un ‘enfer artificiel’, effet secondaire de toutes les dépendances, d’ailleurs. Ce que Dieu nous propose et nous offre gracieusement, ce n’est pas une ‘évasion’ de la réalité dans des plaisirs ‘planants’, des émotions de plus en plus fortes et débridées ou des sports extrêmes où l’adrénaline est au maximum! Attention aux mirages… Ce qu’il nous offre gratuitement, c’est la plongée saine, sereine, lucide et courageuse dans la réalité telle qu’elle se présente à nous, prise à bras corps, avec la conviction que Dieu s’y trouve, qu’il nous y accompagne, et que c’est le lieu de notre plus grand épanouissement, dans l’ordinaire des jours, plus extraordinaire qu’on le croit. Ne cherchons pas ailleurs. Ne cherchons pas au loin. Ne passons pas à côté du vrai bonheur.

« CEST NOËL CHAQUE JOUR… »

…un chant que nous connaissons et aimons bien, interprété par John Littleton, et qui exprime, me semble-t-il, le désir profond de chaque femme, homme et enfant de bonne volonté. Même si pour certains, le temps des Fêtes est douloureux, à cause de circonstances comme un deuil récent ou une solitude pesante, en général Noël est aimé; sa féerie, sa lumière, les élans de générosité qui paraissent habiter les humains par toute la planète, les rencontres familiales et amicales qui se multiplient, les liturgies chrétiennes qui attirent les foules et nous invitent au renouvellement et à la restauration spirituelle, etc. Sans oublier le retour toujours possible à notre cœur d’enfant émerveillé, ému, touché par la Beauté, la Magie et le Merveilleux de cette période. Si Noël n’existait pas, il faudrait l’inventer, diraient certains, avec raison. À condition d’aller à sa Source.

J’aime Noël et ce qu’il a de plus beau à offrir et, oui, je voudrais le vivre tous les jours. Pas dans le sens de la course folle dans les magasins ou du surcroît de travail et de fatigue qu’il entraîne forcément, pour plusieurs d’entre nous. Non, bien sûr, mais pour l’espérance d’un monde meilleur qu’il annonce comme déjà commencé, inauguré autrefois par la naissance du Fils de Dieu. Et c’est la première raison pour laquelle j’aime Noël. Parce que c’est l’anniversaire de l’Emmanuël, ‘Dieu avec nous’. Le plus grand des cadeaux : Dieu sur nos chemins, qui devient partenaire de nos défis quotidiens, et de notre ‘a-venir’. Dieu avec qui, tous les jours, nous pouvons faire advenir ce qui fera de cette Terre un endroit où il fait bon vivre et grandir, pour tous. Dieu qui, dans le respect le plus total de nos libertés, bâtit avec nous une civilisation, de la fraternité, de la justice, du partage, et de la paix. Du bonheur réel et durable. Notre profond désir humain ne fait-il pas tout à fait écho à l’éternel Désir de Dieu pour ses enfants?

Au premier Noël, le Ciel descend sur la terre, et la terre s’unit aux Cieux à la fois dans la discrétion et dans une joyeuse exultation. Mariage qui dure toujours! Il ne s’agit pas d’une utopie, d’une réalité qui serait réservée à une élite, pratiquement inaccessible, lointaine, située après notre mort seulement ou à la fin du monde. La Nativité est la fête de l’humanité à la fois plus humaine et plus divine, dès maintenant, concrètement. Dans le plus petit geste et dans chaque parole qui réconcilie, fait grandir, prend en compte la souffrance de l’autre; dans toute attitude et comportement qui apparentés à ceux de Jésus, qui ne faisait que redonner la santé, la dignité, offrir l’écoute et la compassion, qui portait un regard valorisant de tendresse et de miséricorde sur tous ceux et celles qu’il rencontrait, peu importe leur origine ou même leurs croyances, quel que soit leur passé, surtout pour les grands blessés de la vie. Amour inconditionnel, total et éternel. Un jour béni, en Galilée, Dieu  s’est fait l’un des nôtres. De sa naissance dans l’humilité à son don final sur la Croix, sans compromis il s’est fait le Tout Petit et  le Tout Proche. Sa résurrection fut consécration de cet extraordinaire Plan divin qui s’accomplissait sous nos yeux incrédules. Voilà ce que nous célébrons! Oui, grâce à Dieu et à tous ceux qui le veulent, « c’est Noël, sur la terre, chaque jour. Car Noël, ô mon frère, c’est l’Amour. »

Quelles que soient les circonstances actuelles de votre vie, je vous souhaite, ainsi qu’à tous ceux que vous aimez, une Rencontre réconfortante et dynamisante avec cet Amour fidèlement au rendez-vous chaque année, pourtant toujours neuf et présent d’une multitude de façons inédites!  Au fond, nous n’avons qu’à ouvrir les yeux et prendre cet Amour dans nos bras et notre cœur avec autant de délicatesse et de respect qu’un précieux nouveau-né. Confiant, il nous offre les siens… Joyeux Noël et Bonne année 2018!

TIMIDE OU…IN-TIMIDÉ?

Je viens de voir la vidéo de ce jeune garçon américain qui pleure à chaudes larmes devant la caméra (que tient sa mère) pour dénoncer son ras-le-bol de l’intimidation qu’il subit à l’école. Il ne peut rester à dîner à l’école, il n’en peut plus. Il a peur. Ça m’émeut profondément… parce que j’ai passé par là… et tout au long de mon Primaire, comme plusieurs d’entre vous, sans doute.

Que de douleurs psychologiques et physiques j’ai endurées dans cette petite école, que j’aimais pourtant fréquenter, la peur au ventre lors de mon arrivée dans la cour de récréation, lors de celles-ci, et à la sortie des classes où, pour aucune raison, les durs de l’école promettaient de me ‘planter’. Et ils l’ont souvent fait.

Il ne s’agit pas ici de jeter le blâme sur quiconque en particulier. Pour moi, le but de ce texte est d’exprimer qu’effectivement ce genre de situation peut conduire à des complexes profonds dont il est difficile de se débarrasser, et même à des pensées suicidaires. Je ne sais pas comment j’ai fait pour continuer d’aller à l’école, l’anxiété m’étouffant littéralement chaque fois que j’approchais de celle-ci. Savez-vous quoi? De ma première à ma sixième année, je me suis absenté au moins un à deux mois par année, pour cause de bronchites, grippes et autres symptômes de profonds malaises physiques. Vous comprenez pourquoi. Le psyché et le corps étant reliés plus étroitement qu’on peut l’imaginer, la maladie devenait une façon inconsciente de fuir la souffrance de l’école. Je n’arrivais plus à ‘respirer’ dans cette ambiance. J’en avais plein le dos… J’ai fini par croire que j’étais un ‘indésirable’ sur la planète. Je passais pour un ‘grand timide’. Je l’étais sûrement un peu. Mais je crois profondément que ma timidité relevait bien plus de l’intimidation que je vivais à répétition et qui m’amenait à me renfermer dans ma coquille protectrice pour ne plus être blessé. Heureusement, quand j’arrivais à la maison, j’y retrouvais une oasis de compassion, de compréhension et de paix. Je ne dis pas que mes parents étaient parfaits (pas plus que moi, d’ailleurs) et que tout était facile chez-nous (loin de là, certains jours…), mais ça ne pouvait  être pire que ce que je vivais cinq jours par semaine.

La différence avec aujourd’hui, c’est que je laissais en partie cette réalité derrière moi pendant que j’étais à la maison. Mais maintenant, les jeunes doivent souvent subir ce harcèlement, cette persécution, cette démolition de leur estime personnelle même au foyer, en raison de l’invasion des réseaux sociaux qui peuvent être dans certains cas, et c’est dramatique, de nouveaux ‘outils’ dans les mains des intimidateurs (J’espère que parmi ceux-ci il n’y a pas trop de nouveaux Confirmés qui reçoivent l’onction du Saint Esprit et ses sept dons!) Récemment encore, dans l’actualité, on nous présentait des cas d’enfants qui se sont enlevé la vie à cause de ce phénomène difficile à contrôler. Tragédie innommable!

Certes, il n’y a pas de ‘baguette magique’ pour enrayer ce fléau. C’est l’effort persévérant de chacun, particulièrement celui les adultes en autorité, qui contribuera à diminuer celui-ci. Il faudrait travailler à mieux saisir ce qui entraîne ce comportement chez les intimidateurs, malgré la rareté des ressources. L’enrayer complètement? Je ne crois pas. Ce serait utopique d’y croire. On ne peut toutefois rester les bras croisés devant cela et nous résigner à ‘ramasser les pots cassés’ après les faits…

Dans la foi chrétienne, on parle beaucoup d’indulgence et de tolérance, avec raison. Mais à ce sujet, ce doit être tolérance zéro. Il ne s’agit pas de faire subir aux agresseurs ce qu’ils font vivre aux autres; l’Évangile nous met en garde contre le ‘dent pour dent, œil pour œil’ qui ne fait que nourrir la violence. Seul le pardon peut briser ce cercle vicieux et contribuer à la guérison. J’y ai beaucoup travaillé, croyez-moi, à cette guérison de la mémoire du cœur. Mais il faut tout faire pour que les intimidateurs prennent conscience de l’impact grave de leur comportement, qu’on les aide à comprendre la ‘racine du mal’ et qu’il y ait pour eux des conséquences concrètes; la sensibilisation ne suffit pas. Sinon, ils risquent de perpétuer ces attitudes tout au long de leur vie… et de s’auto-détruire, peut-être détruire leur conjoint-e et leur-s enfant-s, sans même comprendre ce qui se passe, et en rejetant la faute sur les autres…

EN BONS TERMES

Je ne vous parlerai pas de relations humaines, mais de certains termes utilisés en Église. On me pose souvent des questions. Voici quelques réponses (Il y en aura d’autres, plus tard dans l’année liturgique).

Curé : dans le langage populaire, c’est généralement ainsi qu’on parle des prêtres catholiques. Mais tous les prêtres ne sont pas curés. Ce terme désigne précisément la personne mandatée par l’évêque du diocèse comme première responsable d’une paroisse et, au Québec (en lien avec la loi provinciale des Fabriques), le curé est d’office le Président de la Fabrique, donc de l’assemblée des marguilliers. À une époque, il y eut des prêtres animateurs de pastorale dans les écoles, des prêtres-ouvriers en usine; aujourd’hui, on voit des prêtres aumôniers dans l’armée, dans les hôpitaux, dans les CHSLD (ou autres maisons de soin/fin de vie). Moi-même j’ai été pendant plus de six ans responsable de la pastorale-jeunesse dans huit paroisses du secteur dit «l’Assomption. Il est vrai qu’on voit de moins en moins de prêtre hors paroisse puisque nous sommes beaucoup moins nombreux qu’autrefois; conséquemment, la plupart des prêtres toujours actifs dans notre diocèse sont prioritairement envoyés en paroisse. On ne peut oublier tous les prêtres membres de communautés religieuses (ex. Capucins, Jésuites, Oblats) qui relèvent d’abord de leur Supérieur qui décide avec eux de leur mandat pastoral et de leurs tâches (certains peuvent être curés, appelés par l’évêque, comme notre voisin, Guy Simard, OVM).

À l’époque de l’abondance des vocations, le nouvel ordonné débutait sa vie de service en étant vicaire, c’est-à-dire, l’aide du curé, son bras droit, son délégué et représentant (on appelle d’ailleurs le pape : ‘vicaire du Christ’), son premier collaborateur. Le vicaire ne fait pas d’administration comme le curé. Il se concentre sur la pastorale paroissiale, toujours en lien avec son confrère curé. Autrefois, on ne nommait généralement curé que le vicaire qui avait plusieurs années d’expérience, un certain âge et degré de maturité. Certains prêtres demeuraient vicaires toute leur vie, par choix (comme notre ami Bernard) ou parce que le prêtre en question n’était pas appelé à administrer une paroisse, qui se veut non seulement communauté chrétienne mais corporation avec employés, conseil administratif (sans but lucratif), mobilier et immobilier à gérer. Nous ne sommes pas tous faits pour ça. Par contre, en notre époque de pénurie, les nouveaux prêtres se voient nommés rapidement curés. On est loin du temps où certaines paroisses étaient desservies par deux à cinq vicaires; chacun avait sa journée de garde (‘de bureau’) dans la semaine. Le travail et les responsabilités s’avéraient moins lourds pour chacun, les dossiers pouvaient être répartis selon les forces de chacun. Et on bénéficiait en plus du service d’une ou plusieurs ménagères (cuisine, entretien, lavage, etc.) qui, dans certains cas, avaient leurs appartements sur place. Sans oublier le sacristain, employé rémunéré qui voyait à l’entretien de son église et son presbytère. Nous ne sommes plus là, au Québec.

Je termine avec une précision : je suis prêtre séculier (‘de ce siècle’), ce qui veut dire que je relève de mon archevêque (‘l’Ordinaire du lieu’), dont je suis le délégué en paroisse. Je n’ai pas fait le vœu de pauvreté (contrairement aux prêtres membres de communautés religieuses) et je gère mon salaire et mon budget comme n’importe quelle personne vivant en société. Les Frères, Pères, Sœurs, consacré-e-s font trois vœux : pauvreté-chasteté-obéissance. J’ai fait plutôt deux promesses : célibat (ce qui, dans notre Église signifie chasteté) et obéissance (à mon évêque, qui me relaie les appels de Dieu).

LA JOIE DE L’ÉVANGILE (suite et fin)

On peut parfois se demander si la structure paroissiale est encore viable, en notre époque. Il y a quelques années, le diocèse nous avait donné deux critères d’analyse de la situation : la viabilité et la vitalité. La paroisse, constituée en Fabrique (selon la loi du Québec), est-elle financièrement viable ? Une Fabrique qui accumule de gros déficits d’année en année doit se poser de sérieuses questions sur son avenir. Pour la vitalité, on regarde le dynamisme de la pastorale. Y a-t-il de la vie concrète, du progrès et des projets, de l’engagement des personnes de tous âges, etc. ? Et il n’y a pas que la pratique dominicale qui doive servir de barème, bien entendu. Portons un regard lucide sur nos paroisses, mais toujours rempli d’espérance chrétienne. Il est flagrant qu’au Québec nous vivons une situation particulière, certains diront ‘unique’ au monde. La pratique religieuse est au plus bas, particulièrement chez les 40 ans et moins. Pour autant, devons-nous mettre la clé dans la porte et passer à autre chose. Autrement dit: la structure paroissiale est-elle dépassée et à reléguer aux oubliettes de l’histoire ecclésiale ? Je ne crois pas. Devons-nous ajuster sa manière d’être ? Sans doute. Écoutons ce que le pape François dit à ce sujet dans son exhortation ‘La joie de l’Évangile’ :

« La paroisse n’est pas une structure caduque ; précisément parce qu’elle a une grande plasticité, elle peut prendre des formes très diverses qui demandent la docilité et la créativité missionnaire du pasteur et de la communauté. Même si, certainement, elle n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se réformer et de s’adapter constamment, elle continuera à être ‘l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles.’ Cela suppose que réellement elle soit en contact avec les familles et avec la vie du peuple et ne devienne pas une structure prolixe séparée des gens, ou un groupe d’élus qui se regardent eux-mêmes. La paroisse est présence ecclésiale sur le territoire, lieu de l’écoute de la Parole, de la croissance de la vie chrétienne, du dialogue, de l’annonce, de la charité généreuse, de l’adoration et de la célébration. À travers toutes ses activités, la paroisse encourage et forme ses membres pour qu’ils soient des agents d’évangélisation.

Les autres institutions ecclésiales sont une richesse de l’Église que l’Esprit suscite pour évangéliser tous les milieux et secteurs. Mais il est très salutaire qu’elles ne perdent pas le contact avec cette réalité si riche de la paroisse du lieu. » -pape François

Personnellement, j’aime beaucoup la pastorale paroissiale pour sa diversité et le fait qu’elle touche tous les âges et les grands passages de la vie, du baptême jusqu’au moment du grand départ célébré en Église (funérailles), en passant par les sacrements d’initiation comme la Première Communion et la Confirmation, sans oublier l’engagement du mariage. J’apprécie beaucoup la spécificité de la structure paroissiale, vécue dans le sentiment d’appartenance à une famille concrète et à mesure humaine, dans l’ouverture et l’inclusivité. J’aime ce foyer de vie chrétienne où chacun se sent reconnu et aimé personnellement, appelé par son nom. Je lui souhaite longue vie au cœur du grand tournant missionnaire de notre diocèse.

LA JOIE DE L’ÉVANGILE (1ère partie)

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Je le trouve tellement inspirant, ce document du pape François. Je l’ai lu quelques semaines après sa sortie : près de 200 pages nourrissantes et inspirantes pour une Église qui veut grandir et accomplir pleinement sa vocation. Cette exhortation apostolique ‘Evangelii Gaudium’ sur l’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui est à la source du tournant missionnaire que nous prenons dans l’Église québécoise. Faisons ressortir trois affirmations fondamentales de notre chef spirituel au sujet du sens et de la place de la paroisse à ce moment-ci de l’histoire de la communauté chrétienne catholique.

 

Toute paroisse est appelée à être :
1. Communauté de communautés
2. Sanctuaire où les assoiffés viennent boire pour continuer à marcher
3. Centre d’un constant envoi missionnaire

 

Je pense que notre communauté correspond de plus en plus à cette définition.

 

  1. Plusieurs petits groupes existent dans notre paroisse ; pensons aux cellules de Parcours de catéchèse qui réunissent enfants et parents dans un cheminement soutenu qui se déploie sur plusieurs années et propose les sacrement d’initiation à la vie chrétienne ; nos groupes ‘L’Aventure de l’Évangile’ , le ‘SSABO’ (‘Services spirituels à bras ouverts’), qui se rencontrent mensuellement pour un temps de partage à partir de la Parole, toujours en lien avec la vie, ‘Ados de la Paix’(suivi à la Confirmation), ‘la P’tite Pasto’ (Éveil à la foi des 0-6 ans), etc.

 

 

 

  1. Notre lieu de culte est une espace chaleureux, de Beauté, de Paix et d’Accueil inconditionnel où beaucoup trouvent réconfort, écoute, silence ou rencontre fraternelle ; lieu de rassemblement de prière, d’Adoration et de louange vivante, jaillissant du cœur profond ; oasis de rencontre avec Dieu et nos frères et soeurs où nous venons justement boire à la source et chercher notre ‘nourriture’ pour la suite de notre vie, avec ses défis, ses peines et ses joies, au quoitidien.

 

 

 

Nous sommes en constante ouverture sur les besoins des gens de notre quartier, attentifs aux demandes qui nous sont faites, tournés vers l’avenir. Pensons au travail de la Saint-Vincent de Paul ; à la mission des membres du SASMAD qui, chaque semaine, vont à la rencontre des personnes âgées et malades retenues à domicile pour leur apporter amitié,  écoute, et, sur demande, Parole de Dieu, eucharistie. Et que dire de l’accueil aimable fait à toutes les personnes qui, sans être des réguliers de la pratique, viennent à nous pour recevoir le baptême, ou vivre les grands passages de la vie comme le mariage et l’entrée dans la vie éternelle. Sans oublier notre engagement indéfectible et très généreux envers ‘Enfants de Bolivie’ et ‘Développement & Paix’. Notre appartenance au Réseau ‘Églises vertes’ constitue aussi une participation active à l’une des grandes préoccupations du monde actuel. (À SUIVRE)

ÉCOLO AVANT L’HEURE

Je sais que pour certains, cela peut sembler bizarre, pour ne pas dire incongru, qu’une communauté chrétienne puisse être «Église verte». Quelqu’un m’a déjà dit : la religion n’a pas à se mêler de ce domaine. Réaction beaucoup plus incongrue, me semble-t-il, que notre appartenance –légitime et évangélique- à un Réseau qui veut prendre soin de l’œuvre du Créateur de cet extraordinaire univers !

Quant à moi, je ‘suis tombé dedans’ étant adolescent, grâce à un professeur de la polyvalente que je fréquentais (Calixa-Lavallée, Montréal-Nord), qui a fondé au tout début des années ’70 un groupe d’écologie, comme activité parascolaire. Disons que cela n’a pas eu un succès fou en terme de quantité de participants ; mais en termes d’influence dans la vie de l’école, ce fut assez réussi. Activités de sensibilisation à la problématique du gaspillage et de la surconsommation, gestes concrets de ramassage du papier réutilisable, etc. J’imagine que nous étions un peu pionniers de ce que nous vivons aujourd’hui.

Je me rappelle que je ne fus pas ‘reposant’ pour mes parents. À la limite, j’étais devenu harcelant pour qu’ils économisent l’énergie sous toutes ses formes, alors que ça n’était pas tellement dans la culture ambiante. Que dire de mes ‘crises’ d’indignation devant les gens qui, par leur fenêtre de voiture, jetaient mégots et déchets de toutes sortes comme si la nature constituait une immense poubelle.

Un de mes amis, passionné de tout ce qui avait un moteur fonctionnant à l’essence, me trouvait atrocement dérangeant dans mes éternelles argumentations au sujet de la non nécessité d’une voiture aussi grosse, au moteur tellement puissant, encore moins d’une deuxième voiture (n’oublions pas que nous avions le métro à Montréal depuis 1966, si ma mémoire est bonne), et que les motoneiges (pour lesquelles mon ami aurait vendu son âme !) n’étaient que des engins inutiles, polluants, destructeurs de la paix à la campagne, nous empêchant de faire une sain entraînement physique dans la nature. Passer toute la semaine derrière un volant, pour se retrouver derrière un autre volant, le week-end !?? Disons, qu’à l’époque, je ne faisais pas dans la nuance…

Moi-même, j’ai résisté à l’achat d’une voiture jusqu’à l’âge de 27 ans, alors que tous mes amis se targaient d’en avoir une dès 16 ans ou un peu plus (ça attirait les filles, disaient-ils… Quand on a besoin d’un bolide pour ça, côté personnalité, ce n’est pas fort, hum…). J’étais vu comme le contestataire, hippie de cœur, embêtant avec ses histoires de planète propre, de sources d’énergie alternatives, de respect pour la Création de Dieu, etc. Je me rappelle que la conseillière en orientation de l’école m’avait demandé, avec un regard presque inquiétant, si je me sentais parfois ‘différent’ des autres. Euh… (!!!)

Aujourd’hui, je suis fier d’avoir fait partie des ‘défricheurs’ dans ce domaine et je continuerai toujours à lutter pour la santé et la survie de cette planète que j’aime tant, cadeau de mon Seigneur, apportant ma petite contribution, appuyé par ce Réseau innovateur qu’est «Églises vertes» auquel je suis fier d’appartenir avec vous tous !

MISSIONNAIRE INTERNAUTE

Il y a bien des façons d’être missionnaire du Christ, chacun selon notre vocation. En notre époque, nous sommes privilégiés d’avoir tous ces moyens modernes d’évangélisation que sont les réseaux sociaux et les sites web. Selon plusieurs spécialistes, ces inventions sont en train de créer un changement profond de paradigme sociétal, tout autant, sinon plus que l’invention de l’imprimerie  attribuée à  Johanes Gutenberg en 1454. Branchons-nous donc pour le Seigneur sans plus tarder ! Ne manquons pas le bateau .

Bien entendu, ces moyens de communication peuvent être porteurs de négatif, comme tout ce qui existe. Mais quel bel outil pour créer des liens, répandre la Bonne Nouvelle, partager du contenu biblique, spirituel, paroissial, humanitaire, etc. Tant de belles réalisations restent dans l’ombre. Nous ne pouvons généralement plus compter sur les journaux et les grands réseaux de radio-télévision pour être sur la place publique, surtout lorsque nos moyens financiers sont très réduits.

Personnellement, j’ai commencé à toucher ce domaine fascinant quand j’étais à Saint-Sulpice (début des années 2000). Mais c’est ensuite, à St-Victor et ici, que, grâce à des jeunes habiles dans ce domaine, j’ai été initié à ce moyen extraordinaire de communication. J’avais déjà une adresse courriel, quand je suis arrivé ici, et grâce à un jeune de 16 ans qui avait un projet du genre à faire pour son école, notre premier site web a été conçu. Cela fait une dizaine d’années déjà ! Facebook est arrivé plus tard dans mon cheminement, et tout récemment Instagram et Twitter. Moi qui aime écrire, (devenir journaliste a été une de mes options privilégiées de carrière) je me sers de tout cela avec enthousiasme !

Saviez-vous que, chaque semaine, selon Google Statistics, de 300 à 600 personnes visitent notre site www.germaineETmaria.org ? Et une moyenne de 1000 à 1500 personnes (nous avons eu un sommet de plus de 3500, récemment) lisent –et parfois partagent- nos publications sur facebook.com/germaineETmaria ? C’est considérable ! Pourquoi investir du temps dans ces médias ? Justement pour contribuer à faire connaître bien au-delà de nos quatre murs ce qui se fait de beau et de bon dans l’Église locale et universelle. Pour mettre à la portée d’un plus grand nombre que nos 300 pratiquants réguliers le message du Christ et susciter l’adhésion et l’amour des gens envers lui.

Un livre que j’ai lu récemment suggérait ceci: invitons les gens à payer leur ‘dîme’ internet, c’est-à-dire que les personnes qui fréquentent assidument les réseaux sociaux internet, s’ils sont croyants, soient invités à consacrer 10% de leur contenu publié (et/ou partagé) au spirituel et au religieux. En d’autres termes,  qu’ils fassent audacieusement don à l’Église et au Seigneur de 10% de leur ‘espace’ virtuel avec du contenu qui ait un lien direct et clair avec la foi chrétienne et catholique. Et pourquoi pas ? Ça nous met mal à l’aise ? Nous avons l’impression d’imposer nos croyances ? Nous avons un malaise à cause de notre histoire religieuse québécoise pas toujours reluisante ? Pourtant, nous avons droit à nos convictions, et nous n’imposons pas, nous proposons. Et nous ne devons pas nous laisser freiner par les erreurs du passé, comme par un boulet que nous traînerions indéfiniment. Nous voulons simplement partager ce qui fait sens pour nous, nous aide au quotidien et nous rend heureux ? Nous en sommes fiers, et nous croyons que cela peut être utile à d’autres, dans leur vie personnelle, familiale, présentement, et jusque dans leur éternité en Dieu. Un trésor à ne pas garder pour soi.

Je vous laisse avec une pensée pertinente de l’Église catholique à ce sujet (le pape a 40 millions d’abonnés sur TWITTER, et plusieurs millions sur INSTAGRAM):

« L’Église, poursuit Mgr Viganò, est née lorsque le Saint-Esprit descend sur les disciples et ouvre les portes du Cénacle pour qu’ils prennent les routes du monde. Aujourd’hui, parmi ces routes se trouvent les communautés dites sociales. Voilà pourquoi le pape est très attentif à cette réalité, parce que toute cette relation nécessite un soin … qui réchauffe aussi le cœur à travers quelques lettres. »

COMME UNE PEINE D’AMOUR (suite et fin)

Se plaindre qu’une heure de messe c’est trop,  équivaut, il me semble, à dire à son conjoint ou sa conjointe : ‘Je t’aime beaucoup, mais ne t’attends pas à ce que je te consacre beaucoup de temps.’ Ou de dire à un parent proche hospitalisé : ‘J’espère que tu ne seras pas plate. Je t’avertis d’avance, je ne resterai pas longtemps, j’ai autre chose à faire ! Et, je t’en prie, ne me raconte pas trop ta vie !’ Vous savez, ce n’est pas d’abord le curé qui souffre le plus de cette attitude. C’est le Seigneur lui-même. Notre Dieu au Cœur immense, qui a faim et soif de notre présence. Il a donné sa Vie sur la Croix pour nous offrir l’Amour le plus pur, le plus gratuit et gracieux, pour nous faire entrer dans le Bonheur Éternel avec lui, et nous…nous n’avons que 50 minutes à lui consacrer. Triste et injuste. Dieu attend, légitimement, une réponse d’amour de sa famille, un signe concret qu’il est une priorité pour nous. Les reçoit-il ? Pourtant il les mérite plus que quiconque sur la planète. De plus, en bon parent qu’il est (l’ultime !), il sait que, cette heure passée ensemble, nous serons les premiers à en bénéficier, et les gens que la vie nous confie aussi. Il veut nous gâter. Pas avec du ‘fast food’ spirituel, mais avec un ‘quatre services’ gastronomique. Imaginez un grand banquet royal, où vous auriez été invité de façon privilégiée et exceptionnelle, et que vous avisez le Roi, en entrant dans la salle, que vous n’avez que le temps pour l’apéro…

Dans un monde de l’instantanéité, comme le nôtre, ne faut-il pas réapprendre à ‘prendre le temps’ ? Le temps de la contemplation, le temps de goûter le présent comme un cadeau, le temps du mûrissement de l’être, de l’âme ? On veut tout, tout de suite, et tout en même temps. Je peux vous assurer que dans l’ordre du cheminement chrétien, ça ne fonctionne pas ainsi… pas plus que dans la croissance humaine, en fait. Par expérience, je vous promets que l’heure que nous prenons en Église lors d’une Eucharistie vécue intensément comme un Rendez-vous Divin (et non comme un rituel à accomplir machinalement) porte plus de bons fruits dans votre vie, et vous apporte davantage de Grâces et de Bénédictions que toute autre action de votre semaine, qui compte pourtant pas moins de… 168 heures…

Je rêve du jour où les gens, à la fin d’une messe, crieront en chœur : ‘Encore s.v.p. Encore ! Nous en voulons plus !’ Non pas parce que le ‘spectacle’ était bon… La messe est tout sauf un spectacle ! Mais parce que la Rencontre aura été sentie, profonde, touchante, transformante, pleine de révérence et d’amour pour notre Seigneur.

Un bon curé disait à un paroissien qui se plaignait que les messes s’allongeaient depuis un certain temps : ‘Cher ami, ce ne sont pas les messes qui allongent, mais votre piété qui raccourcit…’ Matière à réfelxion.