COMMUNAUTÉ-FAMILLE

La visite de notre archevêque, Christian Lépine, le 15 avril, pour la messe de 10h30, a réjoui toute la communauté. Notre ‘bon berger’ diocésain s’est fait une joie de venir rencontrer ses diocésains et de nous adresser un message pastoral interpelant et dynamisant. Le mot qui tissait la trame de son homélie : ‘famille’. Et cela nous rejoignait profondément parce que nous sommes, et désirons l’être toujours plus et mieux : une communauté pro-famille. Il s’agit pour nous d’une option fondamentale, vitale même.

Comme nous le rappelait notre pasteur, la famille, quoiqu’en disent certains, demeure le ‘noyau’ fondateur de toute société. Telle va la famille, telle va la société, affirmait Christian. Et en Église, nous croyons profondément à cela. Par différentes initiatives et approches pastorales, nous sommes appelés à soutenir les familles, les encourager, et leur offrir des ‘outils’ pour bien vivre. Dans notre communauté chrétienne Stes-Germaine-Cousin & Maria-Goretti, nous faisons de notre mieux pour favoriser le bien-être des familles. Nous croyons en elles. Nous les aimons.

Notre archevêque nous rappelait avec pertinence que l’Église elle-même constitue une famille. Effectivement. Et pour certaines personnes, la seule qu’ils ont. En notre monde parfois très individualiste, où la solitude se fait lourde pour beaucoup, la communauté chrétienne peut devenir une oasis où l’on se sait accueillis inconditionnellement, reconnus, appréciés et utiles, quel que soit notre âge et notre condition.

Dans notre paroisse, nous oeuvrons à faire de la place et à valoriser tous les âges de la vie. Voilà un des aspects que j’apprécie le plus du ministère paroissial : nous accompagnons les gens qui le désirent du début de la vie jusqu’à sa conclusion terrestre (et même après, par la prière). Quand vous faites un tour d’horizon de tout ce qui est offert dans notre communauté (comme je l’ai fait avec mes futurs confirmés adultes, récemment), vous constatez qu’il y a quelque chose pour tout le monde (une visite de notre site internet www.germaineETmaria.org vous le confirmera). Nous pouvons bien sûr aller encore plus loin et créer d’autres services et projets; vos suggestions sont toujours les bienvenues (sans oublier que nous avons besoin de vous pour vivre tout cela et rester vivants et pertinents!). Le chantier est ouvert, voilà un beau défi jamais totalement achevé.

Cette année, un nouveau projet se vit chez-nous, en lien avec l’Office de catéchèse du Québec (OCQ) : les catéchèses intergénérationnelles. La prochaine, qui se vivra le dernier dimanche d’avril, en après-midi, s’adresse aux familles du Parcours 3 et sera l’occasion de mettre en pratique la suggestion de notre archevêque : ayez l’audace d’inviter, disait-il. À l’occasion de la CIG, nous demandons aux familles du Parcours visé d’inviter les autres enfants ou ados du cercle familial, et nous espérons y voir les grands-parents (ou autres aînés significatifs, si les grands-parents ne peuvent pas). Quand nous l’avons vécue en janvier dernier, tous les âges étaient représentés et ce fut grandement enrichissant pour tous.

Soyons des apôtres de feu pour aimer et servir les familles, comme le Seigneur le souhaite. N’oublions pas que notre Sauveur lui-même est né dans une véritable famille. Comme l’exprimait avec force Christian Lépine : ‘Servir la famille, c’est servir Dieu directement.’

RECONNAISSANCE & GRATITUDE

Le jour de Pâques, à la télé (LCN), reportage sur la messe de Pâques à Rome et sur la bénédiction ‘Urbi et orbi’ de notre pape. Puis, un reportage sur les églises qui ferment, au Québec, depuis dix ans… Plutôt déprimant… Pas un mot sur tout ce qui s’est vécu de remarquable dans nos communautés chrétiennes québécoises, et pourtant… Vraiment dommage.
Si les médias ne le font pas, moi je veux, pour ma part, souligner l’excellent travail qui s’est accompli ici et a attiré des foules plus nombreuses que l’an dernier encore. En calculant rapidement, j’en étais au nombre de plus de 60 bénévoles (vous comprenez pourquoi je ne fais pas ici de liste de noms!) qui ont contribué de près ou de loin à la conception, la réalisation et le déploiement des différentes célébrations de la Semaine Sainte, du week-end des Rameaux et de la Passion jusqu’aux messes de Pâques, incluant les Jeudi et Vendredi Saint, sans oublier la grandiose Veillée pascale. Et comme à l’habitude, à la messe familiale pascale, nous avons rempli le jubé et avons dû ajouter des dizaines de chaises pour accommoder l’assemblée. Quoi qu’on en dise dans notre société, les gens viennent chercher quelque chose de précieux pour eux et leur famille, c’est clair. Nous constatons une réelle soif spirituelle. Rien n’oblige nos contemporains à se rassembler ainsi pour la Semaine Sainte et Pâques. Surtout avec la mauvaise presse qu’on fait à notre Église, en notre époque. Je rends donc grâce à Dieu pour ces frères et sœurs avec qui nous avons pu partager ces moments très intenses et beaux. Notre vie quotidienne en sera enrichie.
À toutes les personnes impliquées –souvent en coulisse- j’exprime ma reconnaissance et ma gratitude. Derrière ces déroulements de cérémonies qui semblent si simples et faciles à accomplir (c’est bon signe!) se cachent énormément de lectures, de prière, de réflexion, de réunions, de partage, d’ «huile de bras», de talents et de créativité mis en œuvre. Merci infiniment! Nous ne le faisons pas pour «épater la galerie», mais par amour du Seigneur et de la communauté ecclésiale. Notre thème annuel «En Église, on sème» s’est admirablement déployé tout au long du Carême et des Jours Saints, et cet élan se poursuivra sans doute durant le temps pascal dans une croissance continue de notre vie spirituelle et chrétienne. Que Jésus-Ressuscité vous bénisse et vous comble!
Mes derniers mots aujourd’hui vont à notre archevêque Christian Lépine qui a généreusement accepté mon invitation de venir célébrer avec nous, en ce troisième dimanche de Pâques. C’est un beau cadeau que de rencontre notre ‘bon berger’ diocésain. Je suis très reconnaissant qu’il prenne le temps, au cœur d’un agenda incroyablement rempli, de venir nous rencontrer sur le terrain et découvrir en personne notre belle église fraîchement repeinte et, surtout, notre communauté chrétienne dynamique dans sa foi et ‘tricotée serrée’ dans sa communion. Ce sera mutuellement un réconfort et une appréciable joie pascale!

RALENTISSEZ!

Au moment où j’écris ces lignes (novembre), je me sens fatigué. Nuit courte. En effet, vers minuit trente, grave accident en face de l’église, dans la bretelle venant du carrefour giratoire vers l’ouest. Une camionnette, venant sans doute trop vite, comme la plupart des voitures circulant devant le presbytère (surtout les soirs et nuits du week-end), a dérapé, frappé le muret de ciment, s’est renversée sur le côté, et dans sa course folle a jeté à terre un lampadaire. Heureusement, pas de blessés graves, et seulement un véhicule impliqué. Un bruit pareil, ça réveille mal. Se rendormir après cela, pas facile. Et croyez-moi, ça n’est pas la première fois qu’un accident important arrive ici…

Ça me dit quelque chose de notre vie en général. Ce que j’entends constamment : ‘Je suis pressé’, ‘Je cours tout le temps’, ‘Je n’ai pas de temps à moi’, ‘Je suis essoufflé’, etc. Le mal du siècle. Je l’avoue, je ne suis pas étranger à ce sentiment… Au cœur de ce concert de voix unanimes, j’entends le murmure respectueux de Dieu qui nous dit : ‘Ralentissez, mes enfants. Sinon vous allez frapper un mur.’ Tellement vrai. Nous voyons de plus en plus d’épuisement professionnel et de dépression reliés au surmenage et au stress élevé et constant.  Apeurant. Interpellant. Pouvons-nous y voir?

J’ai eu soixante ans l’été dernier.  Je ‘roule’ à 150km/h depuis mon adolescence. Je me sens parfois légèrement essoufflé. Mon corps me parle fort, ces temps-ci.  Comme chrétien et comme prêtre, je dois toujours avoir l’attention nécessaire à la volonté de Dieu, la disponibilité qu’il demande à ceux qui décident de le suivre, la flexibilité de l’être afin de vivre l’Évangile à plein. Bien sûr qu’il n’est pas de mise de tomber dans l’égoïsme, l’égocentrisme, l’individualisme, la passivité et l’indifférence, quand on est disciple du Christ, mais est-ce que cela signifie avoir souvent  la ‘langue à terre’ ? Sûrement pas. Jésus lui-même partait à la montagne, au désert, à la mer. Et ce n’était pas pour fuir les gens. Il se ressourçait, se recentrait sur l’essentiel. Il priait son Père, reprenait conscience de sa Source profonde. Pour s’éloigner de l’action, il a dû faire des choix, sans doute déchirants pour lui, homme-Dieu au cœur tellement ouvert et donné ! Mais en même temps, quel extraordinaire équilibre de vie devait avoir notre Sauveur! Comme lui, nous avons donc des choix à faire. Nous ne pouvons être partout à la fois, ni tout faire. Il est impossible pour un seul homme de répondre aux besoins de tous. Cet état de fait appelle le discernement. La première personne à consulter à ce sujet, c’est Dieu, bien évidemment. Il nous a ‘tricotés’, il nous connaît mieux que nous-mêmes, et saura nous conseiller judicieusement. Il nous faudra aussi être à l’écoute de ce que nous expriment nos proches, ceux qui nous aiment et qui voient des choses que nous ne voyons peut-être pas…  Saurons-nous en tenir compte et agir en conséquence… sans culpabilité  ou ‘héroïsme’ orgueilleux?

Il ne s’agit pas d’être moins efficace dans nos différentes vocations  mais de l’être encore plus, sans aucun doute, par une vie de prière et de contemplation plus riche, plus intense, une existence où nous prenons le temps de ‘sentir les roses’ et de retrouver le goût de la vie simple et sobre. Ça peut paraître paradoxal et à contre-courant de la culture ambiante: être plus fructueux en s’activant moins… mais en ‘ÉTANT’ plus… Mystère du projet chrétien…

JOYEUX TEMPS PASCAL!

Pâques, comme ‘passage’. De l’esclavage à la liberté. De la mort à la vie. Du non-sens à la plénitude de signification et de pertinence. De la dépression à la vie abondante et ‘goûteuse’. Christ est mort. Christ est ressuscité. Alleluia! Alleluia! Et nous avec lui!

Un homme se sentait isolé, esseulé, découragé. Son entrée dans une communauté chrétienne fraternelle et accueillante l’a sorti de sa solitude, lui a permis de se dire, sans censure. Joyeuses Pâques!

Une femme est entrée à la messe la tête basse, essoufflée des tempêtes de la vie qui n’arrêtaient pas de l’atteindre. Elle est repartie avec un rayon d’espérance allumé au cœur. Alleluia!

Un autre portait nombre de questions existentielles sur la vie, la souffrance, la mort. Il a trouvé dans la communauté des oreilles ouvertes à celles-ci et des pistes de réponses dans la Parole de Dieu, l’enseignement des ‘Apôtres’ et l’expérience des sœurs et frères de la paroisse. Joyeuses Pâques!

Une autre se sentait affamée de respect, de dignité, de relations vraies, d’amitiés durables et de spiritualité dynamique. Dans la famille-Église, elle a trouvé tout cela et plus encore! Alleluia!

Il se demandait comment développer ses talents. Y aurait-il un endroit où l’on pourrait trouver ses habiletés utiles et intéressantes? Y aurait-il un lieu où il serait valorisé par les autres en raison de ses capacités, de son unicité, de sa couleur à lui? Il l’a trouvé, ce lieu, dans l’Église de Dieu. Joyeuses Pâques!

Une enfant, ou un adolescent, obligés de cacher leur foi à l’école ou dans le groupe d’amis pour ne pas être incompris, méprisés ou même rejetés cavalièrement, ont trouvé dans leur communauté chrétienne des amis portant la même foi et le même enthousiasme pour les choses de Dieu. Alléluia!

Un homme, dont le succès est grand dans ses affaires, a trouvé ici une opportunité de partager avec moins nanti que lui ses énormes ressources, ce qui lui donne l’immense satisfaction de pouvoir faire la différence dans l’existence de plusieurs. Joyeuses Pâques!

ETC. ETC. (Ici pourrait s’insérer votre témoignage personnel)

Des gens de tous âges, de toutes origines, de toutes situations de vie, de santé, de toutes situations financières, ont trouvé, grâce à Dieu Père, Fils et Esprit, un lieu de compréhension, d’amour inconditionnel, de non-jugement; un lieu où même les erreurs du passé sont considérées comme des tremplins de croissance; où une deuxième chance est toujours offerte (et même une troisième et une quatrième…) pour un nouveau départ, un nouvel élan, un souffle nouveau, vital et éternel.

C’est ça, Pâques! Aussi concret, beau et grand que ça… et bien plus encore! Célébrons ensemble et partageons notre Joie!

PARTICIPER AUX JOURS SAINTS

La principale raison : par amour. Par amour du Seigneur. Par amour de l’humanité qui ne peut que bénéficier de ces temps de prière communautaire où Dieu se fait présent et se manifeste puissamment. Par amour de moi-même qui ai besoin de me nourrir d’autres choses que de ce que la culture ambiante me propose via la télévision et internet et ne satisfait pas vraiment mon âme.

Beaucoup de travail et de prière sont derrière ces célébrations de la Semaine Sainte, depuis le Dimanche des Rameaux et de la Passion jusqu’au Chemin de Croix, sans oublier Pâques! Elles offrent un ressourcement de qualité et un soutien de la vie chrétienne qui ne peut être remplacé par un film sur Jésus présenté dans les médias.

Venez vivre ce temps fort liturgique, en personne, avec des sœurs et des frères de la communauté. Vous y trouverez réconfort et croissance humaine et spirituelle. Dieu verra votre participation comme une réponse à son Amour et vous comblera de grâces et de bénédictions. Pas seulement vous, mais tous ceux que vous aimez, particulièrement les plus souffrants. Ne passez pas à côté de ce cadeau.

JE SUIS VENU POUR…

…être servi et non pour servir. Exactement le contraire de ce que dit Jésus dans l’Évangile. Une phrase qui plairait bien à notre ÉGO. Qui est-ce? Il s’agit de notre MOI qui réclame à grands cris qu’on s’occupe de lui en priorité. D’où le mot ‘égocentrisme’. Le pauvre égo croit qu’il est le centre de l’univers. Il se place sur le trône et attend d’être servi par tous, et tout de suite; il ne tolère pas de délai.

L’objectif de l’éducation est d’aider la personne à éventuellement sortir de son égo pour aller vers les autres et vivre la communion. Mais comme nous sommes bombardés depuis notre naissance par des messages du genre ‘Tu es le numéro 1’, ‘tu le mérites bien’, ‘pense à toi d’abord’, ‘gâte-toi!’, etc., il peut être très difficile pour certains enfants ‘rois’ (surtout s’ils ont été éduqués ainsi, comme dans le cas des enfants à qui on a rarement dit ‘non’, de peur de ne pas être aimés…) de passer à une autre étape du développement qui est d’être tourné vers les autres pour entrer en saine relation.

L’égo exige d’être sur un trône. Il cherche une ‘cour’ (ou un ‘fan club’) qui pense et dit comme lui et le flatte dans le bon sens du poil. Il ne tolère pas qu’on le contredise. Si cela arrive, il s’obstinera jusqu’à la victoire. Il lâche difficilement le morceau. Si l’approbation ne vient pas, s’il n’a pas gain de cause, si on a osé argumenter, il boudera. Il croit que seules ses idées sont bonnes, que seule sa vision des choses est pertinente. Il travaillera très fort pour amener les autres à son point de vue. Si cela ne fonctionne pas, il tranchera en sa faveur. Parfois il ira jusqu’à faire à sa tête, quelles qu’en soient les conséquences relationnelles. Pour l’égo, respecter la hiérarchie des rôles et des pouvoirs est pratiquement impossible puisqu’il est roi dans son propre univers, donc omnipotent. Souvent, devant la réticence des autres à se rendre à ses exigences, ou face à des critiques (même constructives) il se donnera le rôle de victime pour manipuler, attirer la pitié, essayer de faire plier l’autre en jouant sur la culpabilité et d’autres sentiments et émotions semblables. L’égo accepte de travailler en équipe à condition que ce soit pour qu’on serve ses plans. Souvent, il arrivera à ses fins, très subtilement, acceptera quelques concessions, minimes, pour apaiser la tension et donner l’apparence d’une synergie qui n’existe pas tant que ça, mais reviendra à la charge plus tard pour qu’on accomplisse ses désirs.

L’égocentrisme peut devenir un esclavage et nuire dans bien des dimensions de la vie. L’égocentrique ne se voit pas comme tel; il aura besoin d’une thérapie pour prendre conscience de cet esclavage qui, au fond, ne le rend pas heureux et même l’épuise. En effet, il lui faut constamment aller de conquête en conquête; de plus il perçoit l’autre comme un rival qui risque de faire éclater sa ‘bulle’, ce qui gruge énormément l’énergie mentale.

Parallèlement à une aide professionnelle, l’œuvre de Dieu en cette personne, peut contribuer à la libération. Jésus disait : ‘Je suis venu pour servir et non pour être servi’. Voilà un message profond venant de celui qui connaît le cœur de l’homme mieux que quiconque. Plusieurs psychologues et psychiatres reconnaissent d’ailleurs la sagesse de cette parole. Avec le soutien du Sauveur, à condition de reconnaître lucidement notre condition (un gros défi…), on peut arriver à briser les chaînes de l’égocentrisme exacerbé. Mais cela peut demander beaucoup de temps et de patience. Heureusement, l’Amour vrai, pur, désintéressé et inconditionnel de Dieu –accepté avec humilité- s’avère un excellent antidote à ce mal de notre siècle. Regardons à la Croix et apprenons de notre Sauveur.

«Y A PU DE PÉCHÉS!»

J’ai déjà entendu ça. Enfin, on a réussi à se débarrasser du péché! Alors… comment appeler tout ce que nous lisons dans le Journal de Montréal? Destruction de l’environnement et/ou de sa santé, intimidation, vengeance et violence, fraude, vol, mensonge, viol, pédophilie, pornographie infantile et autre, terrorisme, guerre, meurtre, conduite en état d’ébriété, infidélité matrimoniale, drames conjugaux, enlèvement et séquestration, proxénétisme, trafic de drogues, injustice sociale, préjugés et discrimination, et j’en passe… Un jour, un homme m’a dit : le péché, ça n’existe pas. Ce n’est qu’une façon maladroite de chercher son bonheur… Ouais… Parlez-en à des victimes de tout ce que j’ai nommé ci-haut. Ce que l’orgueil peut parfois nous faire penser et dire…

J’aimerais beaucoup que le péché n’existe plus. C’est le but final de la victoire de Jésus dans sa mort/résurrection; ce à quoi vise le Seigneur quand il travaille, avec nous, à établir son Règne. Mais cela n’est pas encore accompli, loin de là. Le péché existe. Pas toujours aussi gros et évident que les choses nommées ci-haut peut-être, mais il existe et fait des ravages. Il s’insinue subtilement dans nos vies, nos âmes, nos esprits, nos corps. Particulièrement pour un chrétien, il est manquement à l’amour, à la foi,  à l’espérance. Il est résistance à ce que notre conscience –formée et éclairée par l’Évangile- nous souffle de faire. Il est surdité par rapport à ce que l’Esprit Saint nous fait saisir. Il est refus d’accomplir la volonté de Dieu. Il est omission et indifférence devant les appels de Dieu à bâtir avec lui un monde meilleur où tous ont droit au bonheur, à leur part du gâteau, à la paix, à l’épanouissement, à la dignité. Il est manquement à l’Alliance divine, c’est-à-dire aux engagements reliés à notre baptême, à notre part du ‘contrat’ signé dans le Sang de Jésus. Nous péchons envers Dieu, envers l’autre et envers nous-mêmes. Voilà un fait qu’il serait très dangereux de réfuter.

Reconnaître cette vérité et cette réalité nous ouvre heureusement à la Grâce, toujours disponible, quelle que soit la teneur de notre faute. Loin de nous plonger dans les ténèbres sans issue, pour un chrétien cet aveu vécu dans l’humilité lui trace le chemin de la conversion et du salut et lui donne accès à toutes les ressources du Cœur divin. Celles-ci sont gratuites, infinies et inépuisables. Elles nous permettent de nous bâtir une existence lumineuse, joyeuse, dans laquelle nous pouvons nous réaliser pleinement sous le regard bienveillant de Dieu. Par le sacrement du Pardon que nous pourrons recevoir ce week-end, le Seigneur vient au secours de notre faiblesse, de nos limites et de nos blessures profondes pour nous guérir, nous libérer, nous soulager et nous relancer. Nous avons alors ‘un pied’ dans la vie de béatitude éternelle promise. Nous goûtons par avance la plénitude de la communion céleste!

Je vous avoue que je n’aime pas du tout –et c’est le cas de presque tous les prêtres- cette notion de ‘pénitence’ dont nous parlions autrefois dans le sacrement du Pardon et qui sonnait plutôt comme ‘punition’ reliée à l’offense (et plus ou moins grosse selon l’offense). Parlons plutôt de réparation et d’action de grâces; parlons de renouveau spirituel et de ferme propos de nous laisser convertir encore et encore par l’action de Dieu en nous (sanctification). Je pense que cela correspond davantage au sens profond du Sacrement offert par l’Église, à la pédagogie de Jésus et à une foi adulte. La Miséricorde nous relève, nous restaure et nous ressuscite. Elle ne nous centre pas sur notre péché, sur la culpabilité ou la punition. Elle fait justement l’inverse : elle nous sort du piège de l’auto-flagellation pour tourner notre regard vers celui qui nous sort ‘de la fosse’. Avec confiance et gratitude!

FAIRE LA DIFFÉRENCE

Dans la vie ecclésiale que nous poursuivons, il y a quatre axes principaux. On peut les appeler différemment, mais le contenu est le même. On peut parler des ‘4 roues’ de la vie chrétienne : l’éducation à la foi, la célébration, la vie fraternelle, le rayonnement. Ces quatre dimensions fondamentales constituent une vie chrétienne riche et fructueuse. Qu’un des quatre aspects manque de façon importante dans notre vie, et c’est l’ ‘anémie’ de la foi qui nous guette, comme individu et comme communauté Église. Ces ‘quatre roues’ appartenant au même ‘véhicule’, on peut saisir ce qui arrive si l’une d’elles est dégonflée ou carrément absente. Ça ne roule pas bien. On doit prendre l’accotement, ou on risque un grave dérapage. Je saisis aussi que chaque axe nous amène forcément à l’autre. Il y a synergie entre toutes ces dimensions, sinon la vie chrétienne est amputée de quelque chose de vital.

Traitons aujourd’hui du ‘rayonnement’, particulièrement dans son aspect concrètement social, politique et économique. Saviez-vous que l’Église catholique a sa doctrine sociale? Elle est d’ailleurs très élaborée, systématique et basée, bien entendu, sur les principes bibliques. Tous auraient avantage à la découvrir; elle est disponible en librairie religieuse ou sur internet. L’Église veut nous faire saisir que nous sommes appelés à travailler à un nouvel ordre des choses, en ce monde, au nom de Dieu et son Royaume de justice et de paix. Notre pape actuel s’est exprimé à ce sujet dans nombre de publications, entre autres dans ‘Laudato si’. Nous ne pratiquons pas la ‘religiosité’ mais la vie évangélique.

Vous vous rappelez cette phrase de Saint Paul : ‘Mes enfants, il faut aimer non en discours, mais en actes et en vérité’. C’est trop facile de se ‘gargariser’ de belles grandes affirmations théologiques et religieuses et de rester tout à fait insensible à ce que vit ma sœur ou mon frère, tout près de moi ou plus loin dans le monde. Rappelez-vous la parabole de Jésus : le riche complètement aveugle à la misère du pauvre Lazare couché au seuil de sa maison… On connaît bien la conclusion de cette histoire. La Bible entière est traversée d’un souci de justice sociale. Le jeûne qui me plaît, dit le Seigneur, c’est que vous preniez soin de la veuve et de l’orphelin. Voilà une interpellation divine.

Dans notre communauté, je suis fier d’affirmer que nous faisons la différence dans la vie de beaucoup de gens. Durant le Carême de partage Développement & Paix, grâce au calendrier spécial et aux autres documents fournis par l’organisme catholique (fondé par les évêques canadiens), nous nous sensibilisons au quotidien à la réalité de sœurs et frères de pays en voie de développement. La sensibilisation s’avère toujours le premier pas dans l’action. Nous vous invitons donc spécialement à notre SOIRÉE-SOLIDARITÉ annuelle, le vendredi, 9 mars, à 19h (il n’y a pas de repas-bouillon, cette fois). Nous recevons une partenaire haïtienne, Mme Marie-Fausta Jean-Maurice Baptiste, qui nous parlera du développement rural en Haïti et du renforcement des organisations paysannes. L’enjeu est important. Je vous invite à entendre l’appel du Seigneur dans cette convocation. Vous êtes trop fatigués, le soir? Pensez à ceux et celles qui, dans plusieurs pays, marchent des kilomètres pour aller chercher de l’eau ou qui parcourent une immense distance pour aller à l’église ou au catéchisme… L’Esprit pousse au-delà de nos zones de confort…

J’en profite pour souligner que notre Saint-Vincent de Paul locale vous invitera aussi à un partage fraternel lors du Jeudi Saint prochain : il s’agira d’apporter une denrée non-périssable lors de la célébration de la messe de 19h30. Un chrétien convaincu ne peut faire eucharistie s’il n’a pas le souci du plus pauvre. Ce serait un contre-témoignage. Merci aux membres de la SSVP pour leur action!

Je souligne aussi notre travail missionnaire au sein d’« Enfants de Bolivie ». Nous verrons bientôt le retour de M. Sabourin parmi nous. Je lui demanderai de nous parler de la situation actuelle là-bas.

Bonne mission à tous!

EXTRÊME ONCTION OU SACREMENT DES MALADES?

Depuis le Concile Vatican II (qui s’est terminé en 1965), le sens de ce sacrement a été revu. Mais plusieurs personnes ne l’ont pas encore saisi, je crois.

On me parle encore parfois d’ « extrême onction », alors que le terme juste, maintenant, est « onction des malades ». On ne pense plus à ce sacrement comme le ‘passeport’ ultime vers le Ciel, donné dans les derniers moments de vie –et même après la mort- mais de sacrement de réconfort, de force, de lumière, de paix durant la maladie. Une personne à qui je demandais pourquoi la famille ne m’avait pas appelé avant, pour demander l’onction, me répondait candidement : « Il n’était pas encore assez bas ». Nous avons là l’ancienne et désuète vision du sacrement des malades.

On peut recevoir ce signe de tendresse et de Présence de Dieu –et même de guérison!- dès que la santé manifeste une faiblesse, ou avant une opération risquée (même un enfant peut le recevoir, s’il se prépare à une intervention chirurgicale, ou a des problèmes importants de santé). On peut aussi recevoir ce sacrement annuellement dès que nous nous sentons fragilisés par l’âge avancé! Ça ne peut que faire du bien spirituellement et physiquement, puisque c’est le Seigneur qui se donne à nous par ce moyen (vous vous rappelez la définition d’un sacrement? Signe efficace…). Il ne faut pas attendre que la personne soit à ses dernières heures de vie sur terre, parce que vous risquez fort de ne pas voir de prêtre. D’abord parce que les prêtres actifs sont de plus en plus rares, et ceux qui restent –j’en témoigne!- travaillent comme deux (surtout en paroisse) et ne peuvent pas nécessairement se rendre sur place au moment de l’appel, en raison des obligations nombreuses dans leur communauté chrétienne. Et parce que nous prenons une journée et demie de congé par semaine (nous sommes humains et avons besoin d’un peu de repos pour continuer à servir efficacement. Les prêtres ne demeurent pas nécessairement au presbytère durant leur congé). Nous ne sommes plus à l’époque de Séraphin où les gens demeuraient à la maison jusqu’à leur mort. Le curé (ayant parfois un ou plusieurs vicaires) avait peu de paroissiens, tous vivant à moins de 10 minutes du presbytère…

Vous savez qu’il y a des aumôniers catholiques dans les hôpitaux (de moins en moins…) à qui vous pouvez faire appel. Mais, d’après ce que je comprends, ils ne sont plus en poste les week-ends (pas par choix personnel mais à cause de la politique institutionnelle). Du moins pour Maisonneuve-Rosemont, semble-t-il. Conclusion : si vous désirez l’onction des malades pour vous ou pour quelqu’un que vous aimez : ne prenez pas le risque d’attendre. Faites la demande (à l’hôpital, si la personne y séjourne; et quelques jours à l’avance, durant la semaine ; ou au presbytère de la communauté chrétienne à laquelle appartient le malade) en prévoyant de façon réaliste que le prêtre ne pourra pas répondre sur le champ. Assurez-vous que la personne soit d’accord (et les parents, s’il s’agit d’un mineur) et consciente. Elle pourra ainsi bénéficier pleinement du sacrement et de la rencontre avec le prêtre (certains en profitent pour se confier et même se confesser, même si le pardon des fautes fait partie du geste sacramentel offert; parler en toute confidentialité peut libérer, soulager la conscience, répondre à des questions existentielles, mettre un baume sur les plaies, les peurs, les anxiétés, etc). Un moment fort de notre année pastorale : l’onction des malades offertes lors des messes dominicales, les 9-10 juin prochains, avec la contribution très appréciée des membres du SASMAD qui tout au long de l’année visitent les aînés et malades qui demandent un accompagnement spirituel. Quelle force que cette rencontre communautaire où la prière de tous fait… des miracles!

« FACE DE CARÊME! »

C’était une insulte que nous lancions, quand j’étais jeune, à quelqu’un dont on trouvait qu’il avait l’air bête! Ça pouvait décrire aussi quelqu’un qui ‘n’a pas de façon’, pour reprendre une expression populaire. Le Carême serait-il un temps de l’année ‘drabe’ et ennuyeux? Une période perçue avec négativité? Pour certains, peut-être.

Il est possible que nous comprenions la période préparatoire à la plus grande fête chrétienne surtout comme un temps de ‘Ne pas…’ Ne pas manger de sucreries. Ne pas fumer. Ne pas s’offrir son petit verre de vin quotidien. Ne pas regarder la télévision, ne pas se gâter, ne pas… je ne sais quoi. Ou, en tout cas, réduire les plaisirs de la vie. Pourquoi?

Certainement que le Carême a le sens d’un ’40 jours au désert’, à l’exemple de Jésus qui a fait une retraite fermée avant d’entreprendre sa mission, et le désert, ce n’est pas jojo : jeûne, privation, dangers, extrêmes de températures… Alors, on choisit de vivre notre ‘40 jours’ à la dure. On nous a appris à faire des sacrifices pour préparer notre âme à Pâques. Et honnêtement, je n’ai rien contre ça, l’Église non plus. Pour moi, la notion de sacrifice ne fait pas problème. On parle toujours, avec raison, du sacrifice de Jésus sur la Croix. Le sacrifice alors se veut d’abord un acte d’amour. Il ne s’agit donc pas seulement de ‘ne pas…’ mais de choisir un renoncement par amour pour le Seigneur, en vue d’un bien supérieur et pour exprimer à Dieu qu’il est plus important dans ma vie que toutes mes faims, mes soifs, mes désirs. En fait, j’affirme surtout qu’il peut, à lui seul, combler toutes ces faims, ces soifs, ces besoins, ces désirs que je porte. Et qu’il est premier en tout dans ma vie. Voilà le sens du sacrifice que je choisis pour vivre mon Carême en communion intime et étroite avec le Seigneur. Mon sacrifice peut aussi amener un partage. Au lieu, par exemple, d’aller au resto toutes les semaines, j’en saute un pour offrir l’argent que j’aurais dépensé à une cause qui me tient à cœur (comme Développement & Paix, p.ex.). Ou je me prive d’un café, de temps en temps, pour en offrir la valeur à une œuvre. Tout cela est aussi très accessible aux enfants. Puissions-nous les guider dans cette démarche en insistant sur le fait que l’idée n’est pas de nous faire mal pour faire plaisir à Dieu, mais de se priver pour exprimer notre amour et faire du bien à quelqu’un.

Personnellement, étant une personne assez volontaire de tempérament, j’aime aussi l’idée de maîtriser mes appétits en vue d’une maturité plus grande, humainement et spirituellement. Dans ce cas, j’en retire une satisfaction personnelle non négligeable. Attention toutefois à l’orgueil qui nous guette toujours au tournant. L’idée première n’est pas de ‘se pêter les bretelles’ de nos exploits sacrificiels, mais de reconnaître la Grâce de Dieu toujours première dans la croissance de notre être et à laquelle nous voulons simplement laisser le champ libre d’agir. Nous ne sommes, par nos choix, que des facilitateurs de l’œuvre divine qui veut s’accomplir en nous et dans le monde.

Évidemment, comme le dit clairement la Parole de Dieu, si le jeûne et les sacrifices nous rendent bougons ou agressifs, la cible est manquée et nous devons choisir une autre approche pour notre Carême. La charité doit toujours être première, ne l’oublions pas.

J’aime vraiment le Carême! J’aime ce temps intensif de spiritualité, dépouillé de clinquant, intériorisant, priant. J’aime toutes les occasions qui nous sont offertes jusqu’à Pâques pour nous évangéliser et nous rapprocher du Seigneur, notre roc, notre forteresse, notre bonheur, notre vie abondante et éternelle. Je veux dès maintenant adopter ma ‘face de Carême’ et je vous invite à le faire! Mais ce ne sera pas quelque chose de triste, de morne, de ténébreux. Au contraire : ma face de Carême, c’est un visage souriant, lumineux, ouvert et accueillant. C’est, comme quand Moïse descendait du Sinaï, un visage rayonnant et reflétant celui qui habite mon cœur en profondeur, et ce, davantage chaque jour. Joyeux Carême!