UN SIMPLE MERCI!

Comment ne pas me sentir reconnaissant de toutes les bontés que vous m’avez faites à l’occasion de mon 61e anniversaire de naissance, le 1er juillet dernier? Je veux tout simplement vous exprimer ma gratitude. Les bons commentaires par internet ou de vive voix, les cadeaux, les cartes de vœux, les promesses de prière (incluant une intention de messe!) et toutes les délicatesses envers moi, sans oublier l’immense salve d’applaudissements, lors de l’Eucharistie (on ne vit pas pour ça, évidemment, puisque comme chrétien notre premier élan en est un d’humilité, mais on l’accueille avec joie, quand ça nous arrive). Autant de bénédictions que j’ai reçues avec un grand sentiment d’action de grâces. Comme on le dit dans la Doxologie : ‘Par Lui, avec Lui, et en Lui, à Toi Dieu le Père tout Puissant, dans l’Unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles!’ …Et à Lui seul!

Dans le contexte social actuel, les ‘curés’ ne se sentent pas toujours appréciés et ‘crédibilisés’ en dehors du milieu ecclésial, et, croyez-moi, ce n’est pas toujours facile à vivre. Plusieurs préjugés ont la vie dure. Il arrive que les gens nous ‘mettent tous dans le même paquet’ avec les membres du clergé qui ont commis des actes répréhensibles et condamnables… Ce qui s’avère ‘crucifiant’.

Nous avons tous un cœur –souvent très sensible, à l’image de celui du Bon Pasteur. Nous ne sommes pas de super-héros, mais de simples humains comme vous, ayant les besoins fondamentaux d’aimer et d’être aimés, non pas seulement pour notre rôle, mais pour ce que nous sommes comme personnes, avec nos qualités et nos défauts, nos personnalités et nos tempéraments, nos rêves et nos espoirs, nos lacunes, comme nos forces et nos talents. Et nous ‘travaillons’ fort, sous le regard de Dieu, pour demeurer fidèles, coûte que coûte, à l’esprit de l’Évangile, et aux exigences de notre vocation, tous les jours.

Vous pouvez être certains que, sous la mouvance de l’Esprit, j’ai toujours un profond désir de servir le Seigneur et de vous servir le mieux possible, en son nom, malgré les limites de ma santé un peu moins solide qu’avant. Je me sens plus que jamais à la fois votre petit frère et votre père spirituel. Quand vous me manifestez votre affection et votre appréciation, cela me confirme dans mes appels à suivre le Christ et me donne des ailes pour continuer la mission avec vous.

Sachez que je vous porte tous dans ma prière de tous les jours et je demande au Seigneur de vous bénir abondamment. Merci!

BILAN DE L’ANNÉE PASTORALE – Partie 3

Au moment d’écrire  ces lignes, les marguilliers font face à deux défis : remplacer la fournaise et refaire le toit du presbytère. Il s’agit d’un processus assez onéreux : il faut trois soumissions et, si le montant dépasse 10,000$, il faut l’approbation de l’archevêché qui doit, alors, avoir en main tous les éléments du dossier que nous avons monté. Tout cela prend du temps, et de la patience. Durant la saison pastorale qui s’achève, vos administrateurs élus par l’assemblée ont travaillé fort, cela après une saison précédente qui avait été particulièrement intense, avec la peinture de l’église en entier, dans les deux dernières semaines de juin; aussi, le début de la peinture de l’entrée du presbytère (qui va se terminer à brève échéance; nous avions aussi remplacé des luminaires, à l’intérieur et l’extérieur). Rien de semblable, cette année, mais quand même beaucoup de pain sur la planche. Outre les deux gros dossiers courants dont je vous ai parlé d’entrée de jeu :

  • À l’automne, nous avons réparé murs et plafonds et repeint en entier la sacristie derrière le chœur (il y avait eu des dégâts d’eau, il y a quelques années; le toit a été refait, depuis ce temps);
  • Nous avons reçu la visite d’un préventionniste appointé par la Mutuelle des Fabriques; ce qui a amené plusieurs ajustements en lien avec la sécurité des lieux (p.ex. ajout d’extincteurs) et la conformité au code du bâtiment;
  • Différentes petites choses ont été modifiées ou le seront bientôt pour répondre aux exigences des assureurs : l’emplacement des poubelles, à l’extérieur; les prises de courant extérieures; les fils et prises électriques au sous-sol de la grande sacristie; etc.
  • Nous avons réaménagé la petite sacristie-vestiaire (près des toilettes publiques; pour ces dernières, nous avons aussi amélioré l’affichage pour s’y rendre); elle était devenu un espace de rangement… nous voulions que ce soit un espace convivial et beau pour accueillir des personnes et y travailler en paix; nous avons descendu l’armoire de métal, au sous-sol, installé un beau meuble que nous avions déjà et acheté une seconde chaise confortable plus quelques objets décoratifs;
  • Nous avons transformé des confessionnaux inutilisés en espaces de rangement et pour y ranger les lampions pleins sous clé (à la demande des assureurs); des poignées verrouillables ont donc été installées pour ces confessionnaux;
  • Nous avons dégagé le hall d’entrée de l’église (entre autres, avons enlevé un tableau d’affichage, relocalisé au sous-sol, pour y installer les laminés d’Enfants de Bolivie, et avons dégagé les dessus de calorifères);
  • L’écran télé, pour annonces, photos d’activités, à gauche en entrant, est passé de 27’’ à 43’’;
  • Nous avons décoré l’entrée du sous-sol du presbytère et ajouté une bibliothèque pour les familles dans l’espace commun en bas;
  • Suite à la nouvelle politique dite ‘responsable’, du diocèse (qui nous a amenés à faire faire par la police une vérification des antécédents pour toutes personnes en lien avec l’argent, ou au service des personnes vulnérables; nous vous en reparlerons d’ailleurs à l’automne), nous avons amélioré la sécurité des dons recueillis aux messes, avant qu’ils soient comptabilisés par les marguilliers;
  • Nous avons installé deux ‘Anges Protecteurs de la Présence’ près du Tabernacle;
  • Nous avons changé le type de gros lampions afin qu’ils brûlent plus longtemps;
  • Nous avions un important surplus de chaises rembourrées (couleur ‘saumon’); nous les avons mises en vente et elles ont trouvé preneur à un prix raisonnable; notre joie : elles sont parties vers l’Afrique pour aider des institutions scolaires, entre autres; malheureusement, nos tables carrées empilables n’intéressent personne;
  • Nous avons remplacé la porte extérieure de la chaufferie qui était en piteux état;
  • Nous continuons l’entretien régulier des lieux (re-surfaçage et vernis de l’escalier intérieur vers mon logement; peinture, réparations et améliorations mineures, installation des bacs et plantation de fleurs et d’arbustes, entretien de la croix de chemin et de ses alentours, entretien du boisé –encore coupe d’arbres morts et plantations –en lien avec l’école d’horticulture qui utilise régulièrement notre ‘parc’ pour entraîner les émondeurs; cette année, ils ont rasé plusieurs des souches résiduelles de l’an dernier en plus de tailler encore certains arbres);
  • Et j’en passe… comme les inspections annuelles du système d’alarme feu et vol, p.ex. D’autres projets sont sur la planche pour les mois qui viennent : ménage du garage; réaménagement de la sortie de secours du sous-sol; inspection professionnelle du clocher; etc.

Comme vous le constatez, on ne chôme pas ici, non seulement en pastorale mais dans le concret du soin à donner à une grande maison comme le sont votre église et votre presbytère. Vos généreux dons nous permettent de vous offrir des lieux propres, sécuritaires, pratiques et accueillants. Que le Seigneur nous guide toujours dans les nombreux choix que nous avons à faire. Merci de votre prière et bon été!

BILAN DE L’ANNÉE PASTORALE – Partie 2

Après un premier regard réjouissant, la semaine dernière sur notre année pastorale 2017-18, continuons et regardons ce qu’il y a eu de nouveau, chez-nous, cette saison. Notre thème «En Église, on sème!» s’est vécu à plein! Voici une nomenclature non-exhaustive de notre travail de ‘semeurs’.

  • J’ai eu le bonheur d’accompagner un groupe de dix jeunes adultes vers la Confirmation et, une première pour moi, j’ai pu les confirmer moi-même, à la Pentecôte, avec l’autorisation de notre évêque;
  • depuis la fin-août, j’ai écrit un blogue presque toutes les semaines, dans le semainier et sur notre site internet (celui-ci existe depuis 11 ans!); nous avons ajouté des comptes Instagram (merci, Justin!) et Twitter à ce que nous avions déjà comme moyens de communication;
  • nous avons vécu deux grandes catéchèses intergénérationnelles (le dimanche après-midi; toute la famille est invitée : frères et sœurs, grands-parents, parrains-marraines, etc.), comme projet-pilote en lien avec l’Office de catéchèse du Québec (Parcours 1 et 3); des thèmes de réflexion très pertinents;
  • j’ai mis sur pied depuis l’été dernier, une semaine mensuelle d’animation de type monastique pour la demi-heure précédant les quatre messes de semaine (silence, bréviaire, textes méditatifs, chant grégorien ou musique relaxante);
  • j’ai augmenté la fréquence de mes messes aux Habitations SGC (tout en leur offrant le Sacrement du Pardon et l’Onction des malades, comme je le faisais déjà dans d’autres Résidences);
  • Ados de la Paix a vu ses rencontres doubler (donc deux fois par mois), cela permettant de créer un esprit de famille dans le groupe et nous donnant l’occasion de préparer davantage de projets, comme les trois messes animées par les ados en paroisse et une au Manoir Pointe-aux-Trembles (chants, lectures, sketches, service à l’autel…) sans oublier les nouvelles infos-paroissiales mensuelles en vidéo (j’ai installé un petit studio de tournage, dans le presbytère), et la participation d’ados à différentes activités communautaires, dont le pique-nique en août;
  • le nouveau comité de préparation des messes familiales a vécu une première année complète très fructueuse, décidant d’un thème pastoral pour celle-ci et préparant avec créativité les messes mensuelles (sans oublier Noël et Pâques), s’impliquant très activement dans leur animation; nous avons ajouté à cette dernière une chorale d’une dizaine d’enfants qui fut, entre autres, très appréciée à Pâques;
  • nous avons créé un comité de liturgie pour les temps forts que sont l’Avent et le Carême; incluant la préparation et l’animation de la Grande Veillée pascale;
  • la chorale d’adultes a pris de l’ampleur; plusieurs nouveaux membres et une présence accrue par rapport aux années précédentes; nous avons fait un dîner fraternel en fin d’année;
  • nous avons vécu trois messes spéciales (des dimanches PM) selon l’approche de ‘la Messe qui prend son temps’ (se vivant dans quelques diocèses du Québec et de France); des moments de ressourcement particulièrement nourrissants; approfondissement de la Parole; partage;
  • pour la première fois depuis que je suis ici, nous avons célébré une messe d’action de Grâces ‘Hommage à nos prédécesseurs’, en nommant solennellement les personnes qui ont défrayé les coûts du chemin de croix, des statues, des vitraux, du tabernacle, de la grande croix, etc. etc.
  • nous avons accueilli un groupe d’accompagnement des endeuillés (offert d’abord aux bénévoles du SASMAD par Francine B.) pendant de nombreuses semaines;
  • j’ai donné une demi-journée (un samedi) de formation pour nos proclamateurs et proclamatrices de la Parole dans nos liturgies;
  • AJOUT MAJEUR : nous avons repris les rencontres de secteur pastoral avec notre nouveau vicaire épiscopal, l’abbé Alain Mongeau; celles-ci ont débuté à l’automne, après la journée presbytérale avec l’Archevêque. D’abord une rencontre avec les prêtres seulement, puis trois rencontres avec différents intervenants pastoraux de nos communautés (les mardis AM), dans les trois paroisses (PAT/ME/RDP) du secteur.
  • Après Pâques, nous avons invité et reçu notre Archevêque pour une messe spéciale présidée par lui. Il entrait dans notre église pour une première fois. Il a beaucoup apprécié la communauté!

(À SUIVRE)

BILAN DE L’ANNÉE PASTORALE-Partie 1

Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous avons eu une année bien remplie. Depuis le mois d’août dernier, beaucoup de beaux moments et de projets dynamisants qui ont nécessité énormément de travail et de dévotion. À ce moment-ci, nous regardons le chemin accompli pour évaluer et rendre grâce alors que nous commençons déjà à planifier la prochaine année.

Grâce à de nombreux-ses collaborateurs-trices, plusieurs de nos activités reviennent année après année parce qu’elles nous conviennent et répondent clairement aux besoins des gens, comme :

la p’tite Pasto; le SSABO; l’Aventure de l’Évangile; le SASMAD (deux nouveaux membres et la participation au pèlerinage diocésain); la messe de la Douce Mémoire pour nos défunts; les messes familiales (comme l’animation de toutes les eucharisties, que nous voulons toujours pertinentes et vivantes); les ressourcements spirituels (retraite, soirée des parents en Parcours); la pièce de théâtre sur la vie d’un témoin de la foi; le Bulletin spirituel aux deux mois; la fête de la fidélité dans l’amour; le week-end de l’Onction des malades; les deux campagnes Développement & Paix, incluant la Soirée-Solidarité; le soutien à ‘Enfants de Bolivie’; le bon travail de dépannage de notre Société Saint-Vincent de Paul; la Grande Semaine Sainte, dont le fameux Chemin de Croix bâti et animé par Ados de la Paix;  en fin d’été, la messe en plein air et le pique-nique communautaire.

Les Parcours de catéchèse continuent aussi fidèlement, impliquant de nombreuses familles. Au cœur de la dynamique paroissiale : la pastorale des sacrements d’initiation, du baptême jusqu’à la Confirmation (incluant préparation et célébrations), qui se poursuit évidemment, fondamentale dans la vie, la croissance de toute communauté chrétienne catholique.

Il y a un autre aspect très important dans notre vie communautaire : l’administration, par vos marguilliers et votre curé. Outre les réunions mensuelles du Conseil et toute la comptabilité nécessaire au fil des semaines (quêtes et autres revenus, ainsi que les dépenses), nous organisons différentes campagnes de financement (incluant le concert de la Fraternité des policiers de Montréal, la vente de desserts, les deux lettres de dîme envoyée aux portes en octobre et en mai) pour boucler un budget d’environ 180,000$.

Je ne peux tout nommer de la vie quotidienne en paroisse (téléphone, courriels, accueil à la porte, rendez-vous personnels), mais ça bouge beaucoup ici et nous en sommes comblés.

Je souligne que même si nous reprenons plusieurs de nos projets favoris de saison en saison, nous visons à toujours bonifier nos interventions, nos outils, nos approches, alignés sur la priorité ecclésiale actuelle : la Mission, la nouvelle évangélisation, le souci des ‘périphéries’ (expression du pape François), et bien entendu le Souffle de l’Esprit qui nous guide dans le sens de la volonté de Dieu.

La semaine prochaine, regard sur ce qu’il y a eu de neuf, chez-nous, cette année.

LES DEUX POUMONS (suite et fin)

Quand je respire, j’inspire et j’expire. Ce sont les deux mouvements nécessaires et inconscients qui font que je peux oxygéner mon sang. Spirituellement, la prière et la contemplation sont comme l’inspiration et l’action, l’expiration. Les deux poumons de la vie chrétienne : prière et action, l’un nourrissant et stimulant l’autre constamment. Quand j’inspire (ou laisse l’Esprit m’inspirer) dans la prière, forcément cela m’amène à extérioriser et concrétiser ce que j’ai saisi intérieurement. Ma vie spirituelle, mon branchement sur Dieu, sur mon ‘cœur profond’ où il habite, me conduisent à incarner dans le quotidien ce qui m’habite et m’anime (le mot ‘âme’ signifie justement : ce qui ‘anime’; sans âme, je serais ‘inanimé’).

Tout comme pour la respiration corporelle, les deux mouvements sont vitaux. Je ne pourrais inspirer sans cesse sans jamais expirer. Mes poumons éclateraient, et les déchets ne s’évacueraient pas. Une vie spirituelle où il n’y aurait que la méditation et la prière sans jamais que ça influe sur les attitudes, les choix de vie et les accomplissements palpables, serait une vie spirituelle gravement déséquilibrée. Il peut y avoir des exceptions, comme pour l’ermite qui, suite à un appel particulier de Dieu, vit tout à fait seul. Mais il porte tout de même dans son cœur et sa préoccupation le salut et le bien de ses frères et sœurs en humanité. De même pour les moines et moniales. Ceux-ci vivent cloîtrés physiquement, mais ont le cœur grand ouvert aux problèmes et défis de notre temps, aux aspirations des humains; ils travaillent plusieurs heures par jour, et sont en relation –même si c’est surtout en silence- constante avec leurs consoeurs et confrères et doivent donc appliquer ce qu’ils apprennent de Dieu dans la prière et la liturgie dans le concret de la vie de tous les jours en communauté. Et, on sait, comme Jésus le disait si bien, que tout commence dans le cœur et la pensée personnelle : si on nourrit constamment du ressentiment, on ne pourra porter des fruits de communion. Si le cœur du consacré à Dieu dans la vie contemplative laisse le Seigneur convertir et façonner son cœur, les attitudes et comportements quotidiens refléteront et rayonneront l’Amour divin, la Paix et la Joie, bien au-delà des mots. C’est peut-être pour cela que plusieurs des ermites de l’histoire de l’Église acceptaient gracieusement de recevoir de nombreux visiteurs venant puiser à leur Sagesse.

Lorsque je reçois mon ultime nourriture spirituelle : la Parole de Dieu conjuguée au sacrement de l’Eucharistie, je ne peux qu’avoir l’élan de devenir davantage missionnaire de la Bonne Nouvelle dans la vocation qu’est la mienne. Il me semble que sinon j’étoufferais. Sinon, je trahirais le sens profond de l’intériorité chrétienne. Quand quelqu’un me dit ne plus écouter les nouvelles, je comprends que cela puisse être bouleversant. Mais je ne peux accepter qu’on se dise disciples du Christ et qu’on refuse de regarder en face, courageusement, la vie de nos contemporains, pour la porter dans notre prière et invoquer le Souffle Saint sur l’humanité. Je me méfie d’une vie spirituelle vécue en vase clos, décrochée de la vie ordinaire et des défis de l’existence actuelle. Même les moines lisent les journaux et regardent les nouvelles par ‘devoir d’amour’, nourrissant ainsi leur prière d’intercession. En notre époque, en raison de notre culture, le danger de l’individualisme exacerbé menace le sens profond de la foi chrétienne. Oui, tout ce qui se passe de malsain dans le monde peut devenir déprimant, si on en absorbe trop à la fois. Mais de là à se couper de tout pour vivre une tranquillité ‘artificielle’, il y a une marge. Un beau modèle de grand priant très ancré dans la réalité de l’humanité : notre pape. Lisez ses homélies quotidiennes : il est très au fait de toutes les souffrances comme des joies de ses contemporains, quelle que soit leur religion ou non-religion; cela lui permet d’être réellement pertinent dans ses messages et d’y insuffler l’Espérance chrétienne; voilà un véritable amour aux couleurs de Jésus. Je veux, quand je partirai, pouvoir dire que ma vie spirituelle a contribué à construire un monde meilleur, tant par mon intériorité que par mes engagements concrets pour le bien commun. Je respire mieux, rien qu’à y penser!

LES DEUX POUMONS (partie 1)


Traditionnellement, on parle des deux poumons de l’Église : l’action et la prière. Les deux sont des incontournables pour une vie ecclésiale pertinente et efficace. L’un ne va pas sans l’autre. Quand on sait que l’Église vit du ‘Souffle Saint’, appelé aussi ‘Esprit Saint’, on comprend l’importance de chercher à conjuguer ceux-ci. En ce week-end de la grande fête de la Pentecôte, il est plus que jamais vital de se pencher sur cet aspect de la vie chrétienne. D’abord la prière.
La prière n’est pas facultative, dans la vie d’un disciple-missionnaire. Elle n’est pas obligatoire : elle est vitale, nécessaire et essentielle. Comme manger et dormir. Prier, c’est puiser à la Source. Comment agir et œuvrer dans le domaine de la foi sans d’abord –et toujours- aller chercher ce qu’il faut dans le Cœur même de la première personne concernée, Dieu : le contenu, la signification, la nourriture, la force, les moyens, le langage, la direction, etc.
Prier, méditer, contempler, adorer, c’est s’ouvrir à l’Esprit Créateur, se brancher sur la Puissance, la Volonté et l’Amour de Dieu pour toujours se mettre à son école, se laisser façonner, guider et convertir par lui. Pas d’œuvre évangélique possible sans se plonger dans la mentalité et la vie même de Celui que nous voulons annoncer en paroles et en actes. Toute œuvre d’Église doit être portée dans l’intériorité et l’offrande spirituelle. Si on veut porter du fruit en abondance, tel que le désire le Seigneur, et aller dans le sens de son Plan à Lui, il s’agit d’un prérequis. Comme pour Marie et les Apôtres, chers priants, que l’Esprit de Pentecôte gonfle vos voiles, comme l’air gonfle vos poumons, et vous accompagne dans votre mission unique et irremplaçable.

MOINS DE DEUX MOIS…

…et l’année pastorale sera terminée. Ce sera le temps de ralentir, de souffler un peu, dans la vie paroissiale. Il est important de se ressourcer pour mieux continuer et toujours progresser.

Qu’y a-t-il à l’horizon de notre communauté, d’ici là? Beaucoup de choses intéressantes à vivre! De belles grandes fêtes liturgiques comme l’Ascension, la Pentecôte, la Trinité, le Saint-Sacrement… Ce mardi, nous entrons dans le mois de Marie, belle occasion de redécouvrir la place de la Mère de Jésus dans notre cheminement chrétien, ne serait-ce qu’en prier un chapelet de temps en temps.

Il reste deux ‘premiers vendredis du mois’, d’ici les vacances. Avez-vous déjà pris le temps de venir adorer le Saint-Sacrement pendant une heure sainte de repos et de paix, dans votre belle église? Pourquoi pas?

Outre les activités habituelles déjà à l’horaire (campagne annuelle de dîme, messe familiale, SSABO, SASMAD, pastorale du baptême, la p’tite Pasto, l’Aventure de l’Évangile, groupe de soutien des endeuillés, messes dans des Résidences, marguilliers, animation des messes en semaine et fins de semaine, Ados de la Paix, etc.), nous vivrons, ce dimanche après-midi, la deuxième catéchèse intergénérationnelle de l’année. Projet-pilote de l’Office de catéchèse du Québec, il s’agit d’un événement familial élargi auquel tous les âges sont conviés (prioritairement, les familles en P3) et ayant pour thème la résurrection.

Aussi, la pièce de théâtre annuelle sur la vie d’un témoin de notre Église se vivra très bientôt. Cette année, nous verrons la vie et la vocation de la fondatrice des Sœurs Missionnaires de l’Immaculée-Conception, Délia Tétreault. Avec les jeunes et parents du Parcours 4, et d’autres bénévoles. La deuxième représentation (12 mai) sera suivie d’une messe spéciale en lien avec celle-ci.

Le lendemain, les Ados de la Paix animeront leur troisième messe-jeunesse de cette saison.

D’ici la Pentecôte, les 19-20 mai, nous profiterons de notre beau visuel du temps pascal, avec la joyeuse cascade et la croix lumineuse. Outre la messe familiale du 20 mai (dernière de l’année / dernier prône-vidéo aussi), la veille nous vivrons un événement très important : la Confirmation de 9 adultes de notre communauté!

Le 26 mai, nos jeunes du Parcours 2 (qui viennent de participer à  l’Eucha-Fiesta) pourront enfin vivre leur première des Communions, moment très attendu que nous devons tous préparer dans la prière.

En juin, se conclura progressivement l’année par la fameuse fête de la Fidélité dans l’amour –samedi, 2 juin, 16h (anniversaires multiples de 5 ans), et le week-end de l’onction des malades (9-10 juin) aux trois messes, avec participation et renouvellement de l’engagement de nos bénévoles du SASMAD.

Tous ces événements et célébrations demandent beaucoup de réunions et de préparation. La plupart des gens ne voient que la pointe de l’iceberg. Mais je peux vous dire que nous travaillons fort, dans votre communauté chrétienne, et que les vacances qui arrivent, après la Saint-Jean-Baptiste, sont bien méritées. D’ici là, le plus beau cadeau que vous puissiez nous faire, c’est d’être présents en grand nombre aux projets et activités que nous vous proposons. Voilà notre récompense. Merci!

COMMUNAUTÉ-FAMILLE

La visite de notre archevêque, Christian Lépine, le 15 avril, pour la messe de 10h30, a réjoui toute la communauté. Notre ‘bon berger’ diocésain s’est fait une joie de venir rencontrer ses diocésains et de nous adresser un message pastoral interpelant et dynamisant. Le mot qui tissait la trame de son homélie : ‘famille’. Et cela nous rejoignait profondément parce que nous sommes, et désirons l’être toujours plus et mieux : une communauté pro-famille. Il s’agit pour nous d’une option fondamentale, vitale même.

Comme nous le rappelait notre pasteur, la famille, quoiqu’en disent certains, demeure le ‘noyau’ fondateur de toute société. Telle va la famille, telle va la société, affirmait Christian. Et en Église, nous croyons profondément à cela. Par différentes initiatives et approches pastorales, nous sommes appelés à soutenir les familles, les encourager, et leur offrir des ‘outils’ pour bien vivre. Dans notre communauté chrétienne Stes-Germaine-Cousin & Maria-Goretti, nous faisons de notre mieux pour favoriser le bien-être des familles. Nous croyons en elles. Nous les aimons.

Notre archevêque nous rappelait avec pertinence que l’Église elle-même constitue une famille. Effectivement. Et pour certaines personnes, la seule qu’ils ont. En notre monde parfois très individualiste, où la solitude se fait lourde pour beaucoup, la communauté chrétienne peut devenir une oasis où l’on se sait accueillis inconditionnellement, reconnus, appréciés et utiles, quel que soit notre âge et notre condition.

Dans notre paroisse, nous oeuvrons à faire de la place et à valoriser tous les âges de la vie. Voilà un des aspects que j’apprécie le plus du ministère paroissial : nous accompagnons les gens qui le désirent du début de la vie jusqu’à sa conclusion terrestre (et même après, par la prière). Quand vous faites un tour d’horizon de tout ce qui est offert dans notre communauté (comme je l’ai fait avec mes futurs confirmés adultes, récemment), vous constatez qu’il y a quelque chose pour tout le monde (une visite de notre site internet www.germaineETmaria.org vous le confirmera). Nous pouvons bien sûr aller encore plus loin et créer d’autres services et projets; vos suggestions sont toujours les bienvenues (sans oublier que nous avons besoin de vous pour vivre tout cela et rester vivants et pertinents!). Le chantier est ouvert, voilà un beau défi jamais totalement achevé.

Cette année, un nouveau projet se vit chez-nous, en lien avec l’Office de catéchèse du Québec (OCQ) : les catéchèses intergénérationnelles. La prochaine, qui se vivra le dernier dimanche d’avril, en après-midi, s’adresse aux familles du Parcours 3 et sera l’occasion de mettre en pratique la suggestion de notre archevêque : ayez l’audace d’inviter, disait-il. À l’occasion de la CIG, nous demandons aux familles du Parcours visé d’inviter les autres enfants ou ados du cercle familial, et nous espérons y voir les grands-parents (ou autres aînés significatifs, si les grands-parents ne peuvent pas). Quand nous l’avons vécue en janvier dernier, tous les âges étaient représentés et ce fut grandement enrichissant pour tous.

Soyons des apôtres de feu pour aimer et servir les familles, comme le Seigneur le souhaite. N’oublions pas que notre Sauveur lui-même est né dans une véritable famille. Comme l’exprimait avec force Christian Lépine : ‘Servir la famille, c’est servir Dieu directement.’

RECONNAISSANCE & GRATITUDE

Le jour de Pâques, à la télé (LCN), reportage sur la messe de Pâques à Rome et sur la bénédiction ‘Urbi et orbi’ de notre pape. Puis, un reportage sur les églises qui ferment, au Québec, depuis dix ans… Plutôt déprimant… Pas un mot sur tout ce qui s’est vécu de remarquable dans nos communautés chrétiennes québécoises, et pourtant… Vraiment dommage.
Si les médias ne le font pas, moi je veux, pour ma part, souligner l’excellent travail qui s’est accompli ici et a attiré des foules plus nombreuses que l’an dernier encore. En calculant rapidement, j’en étais au nombre de plus de 60 bénévoles (vous comprenez pourquoi je ne fais pas ici de liste de noms!) qui ont contribué de près ou de loin à la conception, la réalisation et le déploiement des différentes célébrations de la Semaine Sainte, du week-end des Rameaux et de la Passion jusqu’aux messes de Pâques, incluant les Jeudi et Vendredi Saint, sans oublier la grandiose Veillée pascale. Et comme à l’habitude, à la messe familiale pascale, nous avons rempli le jubé et avons dû ajouter des dizaines de chaises pour accommoder l’assemblée. Quoi qu’on en dise dans notre société, les gens viennent chercher quelque chose de précieux pour eux et leur famille, c’est clair. Nous constatons une réelle soif spirituelle. Rien n’oblige nos contemporains à se rassembler ainsi pour la Semaine Sainte et Pâques. Surtout avec la mauvaise presse qu’on fait à notre Église, en notre époque. Je rends donc grâce à Dieu pour ces frères et sœurs avec qui nous avons pu partager ces moments très intenses et beaux. Notre vie quotidienne en sera enrichie.
À toutes les personnes impliquées –souvent en coulisse- j’exprime ma reconnaissance et ma gratitude. Derrière ces déroulements de cérémonies qui semblent si simples et faciles à accomplir (c’est bon signe!) se cachent énormément de lectures, de prière, de réflexion, de réunions, de partage, d’ «huile de bras», de talents et de créativité mis en œuvre. Merci infiniment! Nous ne le faisons pas pour «épater la galerie», mais par amour du Seigneur et de la communauté ecclésiale. Notre thème annuel «En Église, on sème» s’est admirablement déployé tout au long du Carême et des Jours Saints, et cet élan se poursuivra sans doute durant le temps pascal dans une croissance continue de notre vie spirituelle et chrétienne. Que Jésus-Ressuscité vous bénisse et vous comble!
Mes derniers mots aujourd’hui vont à notre archevêque Christian Lépine qui a généreusement accepté mon invitation de venir célébrer avec nous, en ce troisième dimanche de Pâques. C’est un beau cadeau que de rencontre notre ‘bon berger’ diocésain. Je suis très reconnaissant qu’il prenne le temps, au cœur d’un agenda incroyablement rempli, de venir nous rencontrer sur le terrain et découvrir en personne notre belle église fraîchement repeinte et, surtout, notre communauté chrétienne dynamique dans sa foi et ‘tricotée serrée’ dans sa communion. Ce sera mutuellement un réconfort et une appréciable joie pascale!

RALENTISSEZ!

Au moment où j’écris ces lignes (novembre), je me sens fatigué. Nuit courte. En effet, vers minuit trente, grave accident en face de l’église, dans la bretelle venant du carrefour giratoire vers l’ouest. Une camionnette, venant sans doute trop vite, comme la plupart des voitures circulant devant le presbytère (surtout les soirs et nuits du week-end), a dérapé, frappé le muret de ciment, s’est renversée sur le côté, et dans sa course folle a jeté à terre un lampadaire. Heureusement, pas de blessés graves, et seulement un véhicule impliqué. Un bruit pareil, ça réveille mal. Se rendormir après cela, pas facile. Et croyez-moi, ça n’est pas la première fois qu’un accident important arrive ici…

Ça me dit quelque chose de notre vie en général. Ce que j’entends constamment : ‘Je suis pressé’, ‘Je cours tout le temps’, ‘Je n’ai pas de temps à moi’, ‘Je suis essoufflé’, etc. Le mal du siècle. Je l’avoue, je ne suis pas étranger à ce sentiment… Au cœur de ce concert de voix unanimes, j’entends le murmure respectueux de Dieu qui nous dit : ‘Ralentissez, mes enfants. Sinon vous allez frapper un mur.’ Tellement vrai. Nous voyons de plus en plus d’épuisement professionnel et de dépression reliés au surmenage et au stress élevé et constant.  Apeurant. Interpellant. Pouvons-nous y voir?

J’ai eu soixante ans l’été dernier.  Je ‘roule’ à 150km/h depuis mon adolescence. Je me sens parfois légèrement essoufflé. Mon corps me parle fort, ces temps-ci.  Comme chrétien et comme prêtre, je dois toujours avoir l’attention nécessaire à la volonté de Dieu, la disponibilité qu’il demande à ceux qui décident de le suivre, la flexibilité de l’être afin de vivre l’Évangile à plein. Bien sûr qu’il n’est pas de mise de tomber dans l’égoïsme, l’égocentrisme, l’individualisme, la passivité et l’indifférence, quand on est disciple du Christ, mais est-ce que cela signifie avoir souvent  la ‘langue à terre’ ? Sûrement pas. Jésus lui-même partait à la montagne, au désert, à la mer. Et ce n’était pas pour fuir les gens. Il se ressourçait, se recentrait sur l’essentiel. Il priait son Père, reprenait conscience de sa Source profonde. Pour s’éloigner de l’action, il a dû faire des choix, sans doute déchirants pour lui, homme-Dieu au cœur tellement ouvert et donné ! Mais en même temps, quel extraordinaire équilibre de vie devait avoir notre Sauveur! Comme lui, nous avons donc des choix à faire. Nous ne pouvons être partout à la fois, ni tout faire. Il est impossible pour un seul homme de répondre aux besoins de tous. Cet état de fait appelle le discernement. La première personne à consulter à ce sujet, c’est Dieu, bien évidemment. Il nous a ‘tricotés’, il nous connaît mieux que nous-mêmes, et saura nous conseiller judicieusement. Il nous faudra aussi être à l’écoute de ce que nous expriment nos proches, ceux qui nous aiment et qui voient des choses que nous ne voyons peut-être pas…  Saurons-nous en tenir compte et agir en conséquence… sans culpabilité  ou ‘héroïsme’ orgueilleux?

Il ne s’agit pas d’être moins efficace dans nos différentes vocations  mais de l’être encore plus, sans aucun doute, par une vie de prière et de contemplation plus riche, plus intense, une existence où nous prenons le temps de ‘sentir les roses’ et de retrouver le goût de la vie simple et sobre. Ça peut paraître paradoxal et à contre-courant de la culture ambiante: être plus fructueux en s’activant moins… mais en ‘ÉTANT’ plus… Mystère du projet chrétien…